L'école dehors : une réforme pédagogique pour reconnecter les élèves à la nature
L'école dehors, une réforme pour reconnecter élèves et nature

L'école dehors : une réforme pédagogique pour reconnecter les élèves à la nature

Certes, l'école française est confrontée à de nombreux défis et réformes à mettre en œuvre. Édouard Geffray, huitième ministre de l'Éducation nationale depuis le début de la présidence d'Emmanuel Macron en 2017, n'échappe pas à cette réalité. Il élabore à son tour une liste d'initiatives issues de la rue de Grenelle. Le dernier projet ajouté à la pile des dossiers en ce week-end de Pâques ? L'école dehors.

Une proposition de loi transpartisane

Sous des apparences peut-être surprenantes, cette affaire est plus que sérieuse. L'élan provient de parlementaires éclairés qui proposent d'inscrire la pratique de la classe en extérieur dans le code de l'Éducation. L'objectif est de reconnaître officiellement cette modalité pédagogique et de démocratiser son accès, de la crèche à l'université. Adoptée à l'Assemblée nationale en février dernier, la proposition de loi poursuit son parcours législatif avec un soutien transpartisan remarquable.

Une pratique déjà expérimentée

Près de 4 500 classes en France expérimentent déjà cette approche, où les mathématiques se font les pieds dans les flaques ou la poésie le nez au vent. Ce besoin d'oxygéner les neurones des élèves s'est considérablement accéléré depuis la crise sanitaire. Chez nos voisins européens, cette pratique éducative est culturelle, notamment dans les pays scandinaves, où les berceaux des jardins d'enfants sont parfois installés dans la neige pour la sieste.

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Reconnecter la jeune génération

À son tour, la France souhaite reconnecter la jeune génération à la nature et au vivant. Cette initiative est urgente : les enfants français passent dix fois moins de temps dehors qu'il y a trente ans. De plus, près de 40 % des enfants âgés de 3 à 10 ans ne jouent jamais à ciel ouvert en semaine. Ces chiffres alarmants soulignent l'importance de cette réforme.

Les bienfaits des pédagogies par la nature

À l'heure où le temps d'écran, la sédentarité et la santé mentale sont érigés en enjeux de santé publique, les bienfaits des « pédagogies par la nature et le dehors » apparaissent évidents. Les études scientifiques le prouvent : ces approches favorisent des apprentissages plus ludiques, une meilleure concentration et mémorisation, une créativité renforcée et une empathie décuplée. Ce droit au vivant prend une dimension existentielle dans le contexte de l'urgence climatique.

Une idée visionnaire mais ancienne

Si cette idée semble visionnaire, elle n'a pourtant rien de nouveau. Au début du siècle dernier, le mouvement de l'école en plein air a été lancé après une épidémie de tuberculose. Dans l'entre-deux-guerres, le pédagogue Célestin Freinet a inauguré la « classe promenade ». Il déclarait : « Maintenir l'enfant enfermé, c'est comme maintenir un oiseau en cage, ses ailes s'atrophient. »

Inutile d'aller chercher des méthodes de mathématiques à Singapour ou des exemples de cours d'empathie au Danemark, quand l'école de la vie se trouve juste derrière la porte fermée. Cette réforme vise à réintégrer cette sagesse ancestrale dans le système éducatif moderne, pour le bien-être et l'épanouissement des élèves.

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