Florence Bergeaud-Blackler, l'anthropologue qui secoue le monde académique par ses prises de position sur X
Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue au CNRS, se trouve au cœur d'une tempête médiatique et institutionnelle. Cette chercheuse, spécialiste de l'islamisme, multiplie les critiques acerbes contre ses pairs et diverses institutions sur le réseau social X, anciennement Twitter. Ses interventions publiques ont provoqué plusieurs plaintes et signalements officiels, tandis que l'absence de réaction de sa hiérarchie au CNRS suscite incompréhension et colère au sein de la communauté universitaire.
Un malaise en direct révélateur des contradictions
Le 7 octobre 2025, lors d'un échange en direct sur Thinkerview, la chaîne YouTube réputée pour ses entretiens approfondis, Florence Bergeaud-Blackler a dressé pendant près de deux heures le portrait d'une France qu'elle estime gangrenée par l'influence islamiste. Pourtant, un moment particulièrement gênant a émergé lorsque l'intervieweur lui a lancé « Kulu tamam ? » (« tout va bien ? » en arabe). Bien qu'elle affirme avoir appris l'arabe classique en Syrie, la chercheuse est restée muette, avant de reconnaître avoir « laissé tomber » l'apprentissage de cette langue.
Elle a ensuite admis avec franchise : « Quand je lis le Coran, je lis des éléments qu'on peut comprendre parce que ce sont des mots traduits, mais, dans son ensemble, je ne le comprends pas. » Deux jours après cet épisode, Florence Bergeaud-Blackler a elle-même republié cette séquence largement partagée, réagissant avec agacement sur son compte X aux critiques de ce qu'elle nomme « la frérosphère et ses moustiques ».
Une présence massive et controversée sur les réseaux sociaux
Avec plus de 66 000 abonnés et 19 000 tweets à son actif, X constitue le terrain de prédilection de cette anthropologue. Sa notoriété, déjà établie par la publication en janvier 2023 de l'ouvrage Le Frérisme et ses réseaux, l'enquête aux éditions Odile Jacob – préfacé par le politiste Gilles Kepel –, a été considérablement amplifiée par son activité en ligne. Cependant, cette visibilité s'accompagne d'une controverse croissante.
Plusieurs grands noms de la recherche sur l'islamisme, dont Gilles Kepel lui-même, ont décliné toute commentaire sur le travail académique de Florence Bergeaud-Blackler lorsqu'ils ont été sollicités. Cette réticence à s'exprimer illustre les tensions et les divisions profondes que suscitent ses méthodes et ses prises de position publiques.
Les répercussions institutionnelles et la colère des pairs
L'accumulation des plaintes et des signalements visant Florence Bergeaud-Blackler met en lumière un malaise persistant au sein du monde académique. De nombreux chercheurs et universitaires expriment leur incompréhension face à l'inaction de la hiérarchie du CNRS, qui semble tolérer des comportements perçus comme transgressifs par une partie de la communauté.
Cette situation soulève des questions fondamentales sur :
- Les limites de la liberté d'expression des chercheurs sur les plateformes numériques.
- La responsabilité des institutions de recherche face aux polémiques publiques impliquant leurs membres.
- L'impact des réseaux sociaux sur le débat scientifique et la crédibilité académique.
Alors que le débat fait rage, Florence Bergeaud-Blackler continue de nourrir la controverse, refusant notamment toute demande d'entretien avec certains médias et affirmant sa position avec véhémence sur X. L'absence de réaction officielle du CNRS laisse planer un doute sur la manière dont cette affaire sera résolue, tandis que la communauté universitaire observe, partagée entre indignation et perplexité.



