Landes : mobilisation syndicale contre les coupes budgétaires dans l'éducation
Ce mercredi 25 février, un collectif rassemblant plusieurs syndicats et associations a tenu une conférence de presse à la FCPE des Landes. L'ordre du jour était chargé : un appel à la grève pour les 16 et 26 mars prochains et une défense ferme d'une école publique qu'ils estiment malmenée par les décisions gouvernementales.
Une "saignée" dénoncée dans les effectifs
"Une saignée." C'est le terme utilisé par l'intersyndicale, composée de la FSU, du SE-Unsa et de la Fnec FP-FO, pour qualifier les conséquences du budget 2026 dans leur communiqué. Concrètement, cela se traduit par la suppression de 32 postes d'enseignants dans le département des Landes. À cela s'ajoute l'affectation de sept autres postes aux Pôles d'appui à la scolarité (PAS), un dispositif spécifiquement dédié aux élèves en situation de handicap.
Le collectif réuni ce jour-là incluait des porte-parole des trois syndicats mentionnés, ainsi que des représentants de la FCPE, de la Ligue de l'enseignement et de la Libre Pensée. Leur message principal : organiser des actions concrètes pour soutenir l'école publique et annoncer un appel à la grève pour les lundi 16 et jeudi 26 mars dans les Landes. "Soyons nombreux et déterminés devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale", ont-ils déclaré. Ces deux dates ont été stratégiquement choisies en lien avec le calendrier des réunions de l'Inspection académique qui détermineront la future carte scolaire.
Un malaise grandissant dans les établissements
L'intersyndicale dresse un constat alarmant : "79 postes supprimés depuis 2019", avec l'impact démultiplié d'une seule suppression pouvant affecter "une quinzaine d'écoles". Elle déplore un manque d'effectifs qui touche l'ensemble du milieu scolaire, des conseillers principaux d'éducation (CPE) aux accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH).
Cette insuffisance, combinée à la surcharge des classes – les Landes comptent en moyenne 25,6 élèves par classe contre 21 à l'échelle européenne selon leurs chiffres – accentue considérablement le malaise chez les enseignants. Le collectif a recensé 450 signalements de risques psychosociaux en 2024 et 550 en 2025, tandis que 98 % des incidents rapportés par le corps professoral sont liés à des comportements violents de familles ou d'élèves.
Les élèves ne sont pas épargnés non plus, avec des demandes de suivi en constante augmentation. La Ligue de l'enseignement observe un "malaise ambiant" et une "perte d'engagement chez les enfants". Les syndicats maintiennent leur colère et accusent "un gouvernement qui ne recherche qu'une chose : la casse du service public".
Le déséquilibre public-privé pointé du doigt
Un autre sujet majeur abordé par le collectif concerne le déséquilibre croissant entre les secteurs privé et public, avec une école publique "largement remise en cause". Ils attribuent cette situation à un financement de plus en plus important alloué au secteur privé, au détriment du public, notamment en raison de la loi Blanquer de 2019.
Le collectif défend la nécessité d'établir un "rapport de force avec la DSDEN" (Direction des services départementaux de l'Éducation nationale), dont les services sont responsables du calcul des financements, pour obtenir plus de transparence sur les sommes versées aux établissements privés.
Les syndicats et associations reprochent également au privé de "ne pas jouer le jeu de la mixité sociale". Un enjeu qui dépasse le cadre strictement scolaire, car comme le souligne Flavien Thomas, secrétaire de la FSU des Landes, "le vivre ensemble commence par le grandir ensemble". Pour étayer leurs arguments, les représentants landais des personnels de l'éducation s'appuient sur un livret en ligne élaboré par le collectif Pour l'école publique laïque. Ce document rassemble informations et recommandations pour mobiliser les futurs élus aux élections municipales sur ces problématiques cruciales.



