Un surveillant suspendu réintègre son poste au lycée hôtelier de La Rochelle
Ce lundi 20 avril, une scène inhabituelle s'est déroulée devant l'entrée du lycée hôtelier de La Rochelle. Plus d'une centaine d'élèves, garçons et filles, ont décidé de boycotter les cours pour exprimer leur vive opposition. Leur colère est dirigée contre la réintégration imminente d'un surveillant de l'internat, suspendu à titre conservatoire en janvier 2026 suite à des signalements pour comportement inapproprié.
Une suspension levée malgré les accusations
Le surveillant, âgé d'un peu moins de 30 ans et en contrat à durée déterminée, avait été accusé par plusieurs élèves d'avoir adopté une attitude très autoritaire envers les garçons et déviante envers les filles. Des témoignages évoquent des contacts physiques non désirés, des regards insistants et une familiarité excessive, incluant l'utilisation de surnoms comme "ma petite chérie" et des messages sur les réseaux sociaux.
Pour examiner ces allégations, une commission consultative paritaire s'est tenue le 17 mars 2026 avec les représentants du personnel. L'Académie de Poitiers a indiqué que "la matérialité des faits reprochés n'a pas été établie". En conséquence, le surveillant a été sanctionné d'un simple avertissement et est autorisé à reprendre ses fonctions ce mardi 21 avril, une décision qualifiée de "de droit" par le rectorat.
La mobilisation des élèves et le soutien d'un enseignant
Les élèves, menés par Pierre Barusseau, délégué de terminale, expriment un profond sentiment d'incompréhension. "On a l'impression de ne pas avoir été entendu", déplore-t-il, annonçant que la pression continuera. Leur mobilisation a trouvé un écho auprès d'Olivier Regnouf de Vains, enseignant d'histoire-géographie, qui a apporté son soutien. Il révèle avoir recueilli les premières confidences lors d'un cours sur l'égalité hommes-femmes, où un malaise était palpable.
L'établissement a signalé ces faits au rectorat, mais selon l'Académie, les témoignages transmis concernaient principalement l'autoritarisme du surveillant, sans mention explicite de comportements plus graves. Le rectorat insiste sur le fait que l'avertissement n'est pas une exclusion et que les états de service de l'agent sont bons, justifiant ainsi sa réintégration.
Cette affaire soulève des questions sur les procédures de traitement des signalements dans les établissements scolaires et la protection des élèves, alors que la communauté éducative de La Rochelle reste divisée face à cette décision controversée.



