Les jeunes Français désorientés : une étude révèle un besoin urgent d'améliorer l'accompagnement
Jeunes Français désorientés : une étude alerte sur l'accompagnement

Les jeunes Français face à l'orientation : une étude révèle un malaise profond

Une étude publiée mercredi par la sociologue Anne Muxel, en partenariat avec des acteurs du monde de l'éducation, met en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les jeunes Français dans leurs choix d'orientation scolaire et professionnelle. Les résultats soulignent un besoin crucial d'amélioration de l'accompagnement et de l'information, avec 47% des 18-24 ans estimant ne pas avoir eu accès aux bonnes informations.

Un point de passage obligé qui préoccupe

Anne Muxel, directrice de recherches émérite au Cevipof, qui a piloté les travaux, explique que l'orientation est « un point de passage obligé » qui « préoccupe » les jeunes. « En France, le diplôme et le niveau de formation conditionnent beaucoup plus que dans les autres pays l'insertion sociale et la place qu'on va occuper dans l'univers professionnel », précise-t-elle. Cette étude a été réalisée en partenariat avec le groupe de réflexion VersLeHaut, la plateforme d'orientation Edumapper et l'institut de sondages OpinionWay.

L'enquête, menée en 2025 auprès d'un échantillon représentatif de 1 064 jeunes âgés de 18 à 24 ans (hors lycéens) et complétée par des enquêtes qualitatives, révèle des chiffres alarmants sur le manque de préparation.

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Un manque de préparation criant

Une large part des jeunes exprime un malaise significatif :

  • 72% jugent que les décisions à prendre interviennent trop tôt.
  • 61% estiment qu'il n'existe pas de véritable droit à l'erreur.
  • Seuls 38% déclarent avoir été correctement préparés.
  • Plus d'un quart (28%) dit avoir subi une orientation imposée au collège ou au lycée.

Cette perception s'accompagne d'une confiance limitée envers l'institution scolaire. Si 70% affirment lui faire confiance, seuls 12% déclarent lui faire « tout à fait » confiance, tandis que 30% n'y accordent aucune confiance.

Défiance et inégalités marquées

La défiance est plus prononcée chez les jeunes inactifs et chez ceux n'ayant pas poursuivi d'études après le bac, avec un taux de confiance tombant respectivement à 51% et 50%. L'accompagnement est également sévèrement critiqué :

  • 44% estiment que leurs enseignants n'ont pas pris en compte leurs souhaits d'orientation.
  • 56% se disent peu aidés par les conseillers d'orientation.

Les jeunes femmes apparaissent particulièrement exposées à ces difficultés :

  • 79% d'entre elles déclarent avoir peur de l'avenir (contre 68% des jeunes hommes).
  • 29% ont interrompu des études supérieures (contre 18%).
  • 47% redoutent de ne pas réussir dans la formation choisie.
  • Seules 30% estiment avoir été bien préparées à leur orientation professionnelle, contre 46% des garçons.

Des leviers pour améliorer la situation

L'étude identifie plusieurs pistes d'amélioration centrées sur la confiance, l'information et l'accompagnement. Anne Muxel appelle à :

  1. Renforcer les liens entre l'école et le monde professionnel.
  2. Clarifier les informations sur les formations et les débouchés.
  3. Développer un suivi plus personnalisé pour réduire la peur de l'erreur et la pression pesant sur les choix scolaires.

Ces mesures pourraient aider à atténuer le sentiment de désorientation et à mieux préparer les jeunes aux défis de leur avenir professionnel.

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