Le ministre de l'Enseignement supérieur interdit les meetings polémiques dans les universités
Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, a annoncé ce mardi qu'il n'y aurait « pas d'autres meetings de ce type-là dans les établissements », quatre jours après la mort tragique de Quentin Deranque, un militant nationaliste, en marge d'une conférence de Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon. Cette déclaration ferme intervient dans un contexte de tensions croissantes sur les campus universitaires français.
Une circulaire pour renforcer le soutien institutionnel
Le ministre a précisé avoir envoyé, dès lundi, une circulaire officielle rappelant « aux préfets et aux recteurs » leur « rôle d'accompagnement » des présidents d'université. Ce document vise spécifiquement à les aider à « apprécier le risque de trouble à l'ordre public » lors de l'organisation d'événements. Bien que ce critère juridique existe déjà pour justifier des interdictions, la circulaire exprime surtout un appui institutionnel fort aux dirigeants d'établissements, souvent perçus comme isolés face à des minorités étudiantes agissantes.
Un contexte universitaire marqué par la conflictualité idéologique
Historiquement, les universités ont toujours été le théâtre de débats et d'affrontements idéologiques, ce qui constitue une richesse intellectuelle. Cependant, ces dernières années ont vu une fragilisation notable des directions d'établissement, parfois tétanisées par des groupes minoritaires, et un isolement croissant des chercheurs ne se reconnaissant pas dans la « doxa » ambiante. Le ministère entend désormais exercer davantage son droit de regard, une décision qui suscite déjà des critiques.
La liberté d'expression en question sur les campus
Certains universitaires dénonceront probablement cette mesure comme une atteinte à la liberté d'expression. Pourtant, ils ne sont pas les mieux placés pour invoquer cet argument, compte tenu des anathèmes et pressions qui frappent régulièrement, sur les campus, les penseurs « dissidents » idéologiquement, c'est-à-dire de droite ou du centre. Ces voix ne sont souvent pas les bienvenues dans certaines facultés de sciences humaines ou instituts de science politique, où le spectre politiquement acceptable se limite généralement de Jean-Luc Mélenchon à Marine Tondelier, voire jusqu'à Raphaël Glucksmann dans les meilleurs cas.
Le conformisme idéologique et le cas de Rima Hassan
Le conformisme règne en maître sur de nombreux campus, accompagné d'une idéologie parfois aveuglante. Comment expliquer autrement qu'un institut de sciences politiques, à Lyon, ait accepté d'inviter Rima Hassan dans ses murs ? Cette eurodéputée, qui juge l'action du Hamas « légitime », a récemment traité le sénateur Laurent Duplomb d'« ordure », affirmant que « sa place est en prison », ou a pris pour cible nominative un journaliste du Parisien, déclenchant contre lui un déluge de menaces et de messages antisémites. La question se pose alors : quelle est sa place dans un institut dédié à la recherche et à la science ?
En somme, le débat « contradictoire » semble souvent confiné à un entre-soi idéologique, loin de la diversité des opinions nécessaires à la vitalité intellectuelle des universités. La décision ministérielle, motivée par un drame, pourrait marquer un tournant dans la gestion des événements polémiques sur les campus, mais elle soulève également des interrogations profondes sur l'état du débat démocratique dans l'enseignement supérieur français.



