Indices de valeur ajoutée des collèges : les parents dénoncent un classement qui attise la rivalité public-privé
Indices collèges : les parents dénoncent un classement public-privé

Les indices de valeur ajoutée des collèges : un classement contesté qui ravive les tensions public-privé

La publication régulière des indices de valeur ajoutée des collèges et des lycées par le ministère de l'Éducation nationale ne cesse de rallumer la rivalité historique entre enseignement public et privé. Malgré les précautions infinies prises par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, qui insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un classement, parents et enseignants restent sceptiques face à cet outil statistique.

Un outil méconnu pour les collèges, mais bien installé pour les lycées

Si l'indice de valeur ajoutée des lycées est désormais entré dans les mœurs, nombreux sont ceux qui ignorent son existence pour les collèges, y compris parmi les enseignants. Le ministère précise pourtant dans le mode d'emploi de cet indice qu'il vise à dépasser le simple taux de réussite au diplôme national du brevet (DNB).

L'objectif affiché est de tenir compte des disparités importantes de recrutement entre les collèges en termes de profils scolaires et socio-économiques. Il s'agit également de fournir aux responsables d'établissements et aux enseignants des éléments de réflexion pour enrichir l'autoévaluation et les échanges au sein des établissements.

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Les critiques des parents et enseignants : une concurrence malsaine

"C'est absurde, on n'a pas à mettre en concurrence les établissements", s'indigne Nicolas Kudlikowski, président de la FCPE du 47. Cette débauche d'énergie devrait plutôt servir à limiter la casse dans les collèges, avec des dotations horaires en baisse constante. Selon lui, cet indice contribue également au "prof bashing" en culpabilisant les enseignants.

De nombreux parents partagent ce point de vue, certains précisant qu'ils sont eux-mêmes enseignants. "C'est comme les journées portes ouvertes dans les collèges. C'est une course à qui sera le meilleur, alors qu'il y a une carte scolaire ! Cela n'a pas lieu d'être", déplorent-ils.

La crainte d'un avantage pour le privé

Les parents critiquant ces indices estiment qu'ils favorisent systématiquement les établissements privés. "Les parents qui ne sont pas satisfaits de la réputation de leur collège de secteur scolarisent leurs enfants dans le privé", s'insurgent-ils, ravivant ainsi la guerre public-privé qui semble loin d'être éteinte.

Le point de vue des parents ayant choisi le privé

Mais que pensent les parents qui ont effectivement scolarisé leur enfant dans le privé ? Prennent-ils en compte ces classements ? "Pas forcément", répond Caroline, qui craignait surtout le manque d'encadrement sur les temps périscolaires. Camille, une autre maman, abonde : "Mon inclinaison première me conduisait vers le public. Mais le collège est une étape qui peut être difficile. Plus que le niveau scolaire, c'est la crainte du harcèlement qui m'a fait basculer".

Caroline note également que le niveau scolaire n'est pas nécessairement meilleur dans le privé : "Quand mon fils est entré au lycée dans le public, son niveau n'était pas meilleur que ses copains de classe qui avaient suivi toute leur scolarité dans le public".

Les biais du système pointés par les enseignants

Les enseignants dénoncent quant à eux les biais persistants de ce classement, même avec l'ajout de mentions comme "neutre" ou "peut mieux faire". La capacité d'un établissement à mener une classe d'âge au baccalauréat compte pour l'appréciation globale du lycée, mais c'est bien le taux de réussite qui est scruté en priorité.

Des enseignants ayant fréquenté ces établissements, en tant que parents ou professeurs, révèlent une pratique troublante : il n'est pas rare que les élèves un peu limites, dans le privé, soient encouragés à s'inscrire en candidat libre pour sortir des statistiques officielles, faussant ainsi la réalité des résultats.

Cette pratique, si elle est avérée, soulève des questions éthiques importantes sur la transparence et l'objectivité des évaluations dans le système éducatif français.

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