Mobilisation à Bassens contre la fermeture d'une classe à l'école Rosa-Bonheur
Ce mardi matin, devant l'école élémentaire Rosa-Bonheur fermée, parents d'élèves et enseignants se sont rassemblés pour dénoncer vigoureusement une dégradation alarmante des conditions d'enseignement. Cette manifestation intervient dans un établissement scolaire situé au cœur d'un quartier à la population particulièrement fragile, accentuant les inquiétudes.
Une fermeture de classe contestée
Sur le parvis des écoles Frédéric-Chopin et Rosa-Bonheur, réhabilitées en 2023, l'association des parents d'élèves (APE) servait le café en signe de solidarité. Alors que l'école maternelle voisine accueillait normalement les enfants, l'élémentaire Rosa-Bonheur restait portes closes pour cause de grève. Une situation qui cristallise les tensions.
Jérôme Babin, représentant de l'APE, explique avec précision : "L'école compte aujourd'hui 249 élèves. Pour la rentrée de septembre, seulement 240 sont prévus. On ferme donc une classe entière pour une différence de neuf élèves seulement." Ainsi, les 11 classes actuelles devraient se réduire à 10, une décision vivement critiquée.
Un mouvement national de protestation
Tous les enseignants de l'établissement ont observé une grève ce mardi 31 mars, s'inscrivant dans le cadre d'un mouvement national de protestation contre les fermetures de classes et les suppressions de postes au sein de l'Éducation nationale. Alexandre Laplace, enseignant en CM2, souligne un point crucial : "Ces prévisions et ces mesures négligent complètement le dispositif Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire) de notre école. Nous accueillons des enfants d'autres communes ainsi que des inscriptions en cours d'année."
L'école Rosa-Bonheur est implantée dans le quartier de l'Avenir, actuellement en plein renouvellement urbain avec des livraisons de logements prévues prochainement. Un contexte qui promet une augmentation future des effectifs.
Des effectifs appelés à croître
Jérôme Babin anticipe : "Dès la rentrée 2027, les effectifs vont réaugmenter significativement dans les classes de moyenne et grande section." Une professeure des écoles rappelle, quant à elle, un principe fondamental : "Le ministère lui-même reconnaît que la réussite scolaire dépend en grande partie du nombre d'élèves par classe."
La mobilisation dépasse les murs de l'école élémentaire. Isabelle Crespos, représentante des parents d'élèves du collège Manon-Cormier voisin, est venue soutenir le mouvement. Elle évoque des problèmes similaires de saturation : "Pour septembre, les cinq divisions actuelles de 4e devront se serrer en seulement quatre au niveau de la 3e. Avec 119 élèves aujourd'hui en 4e, cela signifiera plus de 30 élèves par classe en 3e l'année prochaine."
Rappelons qu'une trentaine d'enseignants du collège Manon-Cormier de Bassens avaient déjà fait grève en 2024 pour réclamer l'ouverture d'une classe de cinquième, montrant une crise structurelle persistante.
Un appel à la reconnaissance en REP
Parents et enseignants unissent leurs voix pour rappeler que les difficultés sociales et économiques majeures de la population desservie par ces établissements nécessitent depuis des années un classement en Réseau d'éducation prioritaire (REP). Un tel statut permettrait l'attribution de moyens supplémentaires adaptés aux besoins spécifiques du quartier.
Ils pointent du doigt l'indice de position sociale de l'école Rosa-Bonheur et du collège Manon-Cormier, un indicateur plus significatif que celui d'autres établissements bordelais qui, eux, bénéficient déjà du label REP. Une injustice flagrante qui pénalise les élèves les plus vulnérables.
Cette journée de grève et de mobilisation met en lumière les tensions croissantes autour de la carte scolaire et des moyens alloués à l'éducation dans les quartiers prioritaires. Les acteurs locaux demandent une révision urgente des décisions et une attention particulière portée aux réalités démographiques et sociales du territoire de Bassens.



