Mobilisation massive des enseignants contre la réduction des moyens éducatifs
Jeudi 5 mars, une atmosphère inhabituellement silencieuse régnait dans les couloirs et la cour du collège Damira-Asperti, situé à Penne-d'Agenais. Cette tranquillité était le résultat d'une journée de grève organisée par l'ensemble du corps enseignant, qui protestait vigoureusement contre le projet de dotation horaire globale (DGH) pour l'année scolaire 2026-2027.
Une décision ministérielle aux conséquences directes
La DGH, attribuée annuellement par le ministère de l'Éducation nationale, détermine précisément les ressources allouées à chaque établissement. Pour le collège Damira-Asperti, la proposition pour la rentrée 2026-2027 prévoit la suppression d'une classe, réduisant ainsi le nombre total de classes de 20 à 19. Cette mesure intervient alors que les effectifs globaux d'élèves ne diminuent pas de manière significative, ce qui entraînerait inévitablement une augmentation de la taille des classes.
Certaines classes, notamment en 5e, pourraient ainsi accueillir jusqu'à 30 élèves, une situation que les enseignants jugent préjudiciable à la qualité de l'enseignement. Ils soulignent avec force que "l'insuffisance des moyens donnés à l'établissement porte atteinte à la qualité de l'enseignement dispensé aux élèves".
Des préoccupations pédagogiques et des contradictions flagrantes
Les professeurs mettent également en avant l'augmentation des besoins éducatifs particuliers pour les élèves bénéficiant de dispositifs adaptés. Ils affirment que "des effectifs surchargés ne permettront pas un accompagnement de qualité" pour ces jeunes, compromettant ainsi leur réussite scolaire.
Une contradiction majeure est pointée du doigt par les enseignants : alors que le gouvernement affiche une volonté nationale d'encourager les vocations scientifiques, la réduction de la DGH rendrait impossible le dédoublement des classes de 5e pour les travaux pratiques en sciences. "La DGH ne permettra plus de dédoubler les classes de 5e pour faire de la manipulation en sciences", déplorent-ils, soulignant l'incohérence entre les discours et les actions concrètes.
Un mouvement soutenu par les parents d'élèves
La mobilisation des enseignants a reçu un soutien marqué de l'association des parents d'élèves (APE). En amont de la grève, l'APE avait invité toutes les familles à ne pas envoyer leurs enfants au collège en signe de solidarité. Tout au long de la matinée, des parents et des élèves sont venus manifester leur appui, apportant même des bonbons et des gâteaux pour soutenir le personnel enseignant.
L'APE a également pris une initiative formelle en adressant un courrier au directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Lot-et-Garonne. Dans cette missive, l'association exprime son inquiétude quant au manque de personnel dans le service de vie scolaire, un problème qui s'ajoute aux préoccupations liées à la suppression de classe.
Cette journée de grève illustre les tensions croissantes autour des moyens alloués à l'éducation nationale et la détermination des acteurs de terrain à défendre la qualité de l'enseignement pour tous les élèves.



