Gard : mobilisations massives contre les fermetures de classes avant la carte scolaire
Gard : mobilisations contre les fermetures de classes

Une vague de protestation dans le Gard contre les fermetures de classes

Le département du Gard est le théâtre d'une mobilisation croissante contre les fermetures de classes prévues pour la rentrée scolaire de septembre 2026. Depuis la journée nationale de mobilisation dans l'éducation du 31 mars dernier, qui avait permis de mettre en lumière la carte scolaire gardoise, les protestations n'ont cessé de s'amplifier.

Rangueil, un quartier prioritaire en première ligne

Ce mardi 7 avril, les parents d'élèves de l'école maternelle publique Rangueil, située dans le quartier prioritaire de Gambetta à Nîmes, ont manifesté devant l'établissement scolaire. Ils exigent le maintien d'une troisième classe après avoir appris le projet de fermeture pour la rentrée prochaine.

La Direction des services départementaux de l'éducation nationale justifie cette décision par un effectif prévu de 51 élèves qui stagne. Cependant, les familles concernées ont lancé une pétition en ligne sur change.org pour s'opposer fermement à cette mesure.

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"Les fermetures de classes se font au détriment des enfants et des conditions de travail des enseignants", affirment les parents dans leur pétition. Ils soulignent le caractère particulièrement néfaste d'une telle fermeture à Rangueil, où les petits effectifs sont nécessaires compte tenu du profil des élèves.

Une population scolaire aux besoins spécifiques

L'école maternelle Rangueil accueille de nombreux élèves allophones, des enfants n'ayant pas connu la collectivité avant leur entrée à l'école, des enfants du foyer de La Providence avec un parcours de vie difficile, ainsi que des enfants présentant des troubles nécessitant un accompagnement adapté.

Les familles redoutent qu'avec la fermeture, le nombre d'enfants par classe augmente, que le nombre d'adultes disponibles pour les encadrer diminue, et qu'un passage en classe à double niveau ne vienne "dégrader grandement les conditions d'accueil et d'apprentissage de nos enfants".

Un projet départemental très contesté

La mobilisation à Rangueil s'inscrit dans un mouvement plus large qui touche de nombreuses communes du Gard. Le syndicat enseignant Snudi-Fo soutient fortement cette action, tout comme celles menées à Aimargues, Prosper Mérimée à Nîmes, Bagnols-sur-Cèze et ailleurs.

Dans un communiqué commun avec la FSU SNUIPP, le Snudi-Fo a alerté sur la carte scolaire 2026. Les deux organisations prévoient un rassemblement ce jeudi 9 avril à 13h30 devant les locaux académiques de la rue Rouget-de-L'Isle, avant le Comité social d'administration qui présentera le projet d'ouvertures et de fermetures de classes dans le Gard.

62 fermetures pour seulement 14 ouvertures

Les premières indications suscitent déjà une vive colère : "Avec 62 fermetures de classes pour seulement 14 ouvertures (seulement quatre hors éducation prioritaire), ce projet acte une dégradation sans précédent des conditions d'enseignement et d'apprentissage", dénoncent les syndicats.

Ils contestent l'argument de la baisse démographique (2,2 élèves par école) et y voient plutôt "une politique de réduction des moyens qui est à l'œuvre, alors même que les besoins dans les écoles ne cessent d'augmenter". Les syndicats pointent du doigt l'inclusion sans moyens suffisants, la hausse des élèves à besoins particuliers, et les conditions de travail toujours plus dégradées.

Le Snudi-FO et la FSU SNUIPP exigent l'annulation des fermetures, la création de postes supplémentaires (enseignants, psychologues, AESH), ainsi que celle en ESMS (établissement ou service social, médico-social).

La mobilisation s'étend au second degré

Jeudi 9 avril à 16h30, la FCPE du collège Florian à Anduze annonce une mobilisation dans l'établissement scolaire public pour dénoncer le manque de moyens. Après Milhaud, Bagnols-sur-Cèze, Moulézan et d'autres communes, le mouvement de protestation gagne maintenant le second degré.

Parents d'élèves, élus locaux et enseignants se mobilisent ensemble contre ce qu'ils perçoivent comme une détérioration générale des conditions éducatives dans le département.

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Un calendrier décisionnel serré

Après la réunion de jeudi, le Conseil départemental de l'éducation nationale donnera d'autres précisions sur la liste des écoles publiques concernées par les projets de fermetures et d'ouvertures. Des ajustements sont prévus en juin et même à la rentrée de septembre, mais les mobilisations actuelles montrent que la contestation ne faiblit pas.

Les rassemblements à Moulézan, Anduze, Mont Duplan et maintenant Rangueil à Nîmes témoignent d'une inquiétude profonde face à l'avenir de l'éducation dans le Gard. Tous les acteurs concernés attendent avec appréhension les décisions qui seront prises lors du conseil du 9 avril, tout en préparant de nouvelles actions si leurs revendications ne sont pas entendues.