Gard : une rentrée scolaire 2026 marquée par des fermetures massives de classes
Le département du Gard s'apprête à vivre une rentrée scolaire historique en termes de réduction des moyens éducatifs. Le Directeur académique des services de l'éducation nationale (Dasen) Christophe Mauny a en effet annoncé la fermeture de 58 classes pour seulement 15 ouvertures, une décision qui provoque l'indignation des parents d'élèves et des élus locaux.
Paul-Marcellin à Valdegour : une double fermeture malgré la mobilisation
À l'école Paul-Marcellin du quartier Valdegour à Nîmes, la nouvelle a été particulièrement difficile à digérer. Malgré plusieurs jours de mobilisation intense, l'établissement classé en Réseau d'éducation prioritaire (Rep) perd non pas une mais deux classes. "C'est un coup de massue", confient des parents encore sous le choc.
Hanane Achamboun, présidente de l'association des parents d'élèves, exprime son amertume : "Même quand on se mobilise, on sent que ça ne sert à rien. Encore une fois, on fragilise un équilibre qu'on avait peiné à instaurer. Fermer deux classes en primaire, c'est vraiment considérer les enfants comme du bétail."
La représentante des parents craint les conséquences à long terme : "On met à mal tout un ensemble, certains vont essayer de partir du quartier. On est dans un cercle vicieux." Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'école est située dans une zone urbaine prioritaire (Zup) aux difficultés bien connues.
Nîmes et le Gard : une quasi-totalité des fermetures maintenues
Le cas de Paul-Marcellin n'est malheureusement pas isolé. Sur les 59 classes initialement menacées de fermeture dans le département suite au Conseil social d'administration du 9 avril, une seule a finalement été épargnée, à Pont Saint-Esprit.
À Nîmes, malgré les efforts déployés pour sauver trois classes en amont, une quinzaine d'entre elles devront finalement fermer leurs portes. L'école Prosper Mérimée, située dans le quartier Croix-de-Fer, fait partie des établissements touchés. Les parents d'élèves, qui s'étaient fortement mobilisés contre cette fermeture, promettent de ne pas baisser les bras : "C'est terrible, mais on ne lâchera rien..."
Les réactions politiques : incompréhension et colère
Pierre-Edouard Détrez, nouvel adjoint à l'éducation à Nîmes, exprime son désarroi face à cette décision : "J'ai pris un coup derrière la tête. Ça fait vraiment mal." L'élu, particulièrement mobilisé sur ce dossier depuis sa nomination, a prévu de rencontrer le Dasen Christophe Mauny pour lui faire part de son mécontentement.
Il souligne une contradiction apparente dans la politique éducative : "Je m'étonne que d'un côté on impose autant de fermetures et que de l'autre on puisse avoir un discours très positif sur la volonté de prendre en charge les enfants en difficulté." Pierre-Edouard Détrez appelle à une meilleure anticipation des décisions concernant les moyens alloués aux écoles.
Perspectives pour la fin d'année et la rentrée 2026
Cette annonce de fermetures massives laisse présager une fin d'année scolaire agitée et une rentrée 2026 particulièrement tendue dans le Gard. Les parents d'élèves, soutenus par certains élus locaux, semblent déterminés à continuer leur combat contre ce qu'ils considèrent comme une réduction inacceptable des moyens éducatifs.
La situation met en lumière les tensions entre les besoins des territoires en difficulté, particulièrement ceux classés en éducation prioritaire, et les décisions administratives de rationalisation des moyens. Alors que le département du Gard affiche un solde négatif de 43 classes pour la prochaine rentrée, la question de l'égalité des chances dans l'éducation se pose avec une acuité particulière.



