Frais cachés en dentaire : jusqu'à 2 000 euros de matériel imposés aux étudiants
Frais cachés en dentaire : jusqu'à 2 000 euros imposés

Des frais obligatoires contestés en chirurgie dentaire

Le syndicat des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD) a vivement dénoncé ce mercredi ce qu'il qualifie de « frais supplémentaires obligatoires » imposés aux futurs dentistes. Ces montants, distincts des droits d'inscription nationaux, concernent l'achat de matériel et de consommables nécessaires dès le début du cursus. Selon l'organisation, ces pratiques seraient illégales et varieraient considérablement d'une faculté à l'autre, créant ainsi une rupture d'égalité entre les étudiants.

Une liste exhaustive de matériel imposé

Imad El Ouargui, président du syndicat, a détaillé la nature de ces frais. Il peut s'agir de matériel utilisé directement à la faculté ou requis pour les stages, comprenant notamment :

  • Des fraises dentaires et des turbines
  • Des instruments comme des sondes ou des miroirs
  • Du plâtre et des dents en ivoirine
  • Des équipements de protection tels que masques et blouses

Ces dépenses, qui existent depuis des dizaines d'années, ont tendance à augmenter progressivement, alourdissant le fardeau financier des étudiants.

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Des disparités territoriales flagrantes

Le communiqué de l'UNECD révèle des écarts saisissants entre les établissements. En moyenne, ces frais s'élèvent à 812,64 euros, mais avec des extrêmes significatifs :

  • Un maximum de 2 072 euros à la faculté de Nice
  • Seulement 20 euros à celle de Rouen

À ces montants initiaux s'ajoutent, dans certaines facultés, des sommes moindres pour du matériel supplémentaire acheté en cours d'année ou lors des années suivantes. Cette variabilité renforce les inégalités sur le territoire national.

Une illégalité dénoncée avec force

Pour le syndicat, ces frais sont clairement illégaux. Il rappelle que l'enseignement supérieur public est fondé sur le principe de gratuité et que les établissements ne peuvent percevoir que les droits d'inscription fixés par les textes réglementaires nationaux. « Aucun texte législatif ou réglementaire n'autorise les universités à instituer des frais pédagogiques obligatoires supplémentaires », insiste Imad El Ouargui.

Une menace pour l'égalité et la diversité sociale

Ces pratiques introduisent une sélection financière de fait entre les étudiants, ce qui est contraire au principe d'égalité devant le service public. Elles menacent également la diversité sociale au sein des promotions, en défavorisant les étudiants aux ressources limitées. « Les disparités de montants entre établissements renforcent cette rupture d'égalité sur le territoire national », déplore le président du syndicat.

Des revendications et un silence ministériel

L'UNECD, après avoir contacté à plusieurs reprises les ministères de tutelle sans succès, réclame désormais :

  1. Une clarification officielle du cadre juridique applicable
  2. Une harmonisation nationale des pratiques
  3. La fin immédiate de ces frais jugés illégaux

Contactés ce mercredi, les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Santé n'étaient pas en mesure de répondre dans l'immédiat, laissant les étudiants dans l'attente d'une résolution.

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