Châteauroux : le scandale des formations fantômes au Collège de Paris à La Martinerie
Formations fantômes à Châteauroux : le scandale du Collège de Paris

Le scandale des formations fantômes à Châteauroux

À Châteauroux, La Martinerie représente une institution historique, un vestige immobile d'un glorieux passé militaire. Les quelque 380 hectares de cette ancienne caserne de l'armée américaine sont profondément ancrés dans l'histoire de la ville. On y imagine encore les blindés du général Hicks, les GI's s'époumonant dans les bars du centre-ville, ou les vols d'essais des pilotes de l'Otan, plein gaz au-dessus des toits dans un vacarme tonitruant.

Un site militaire en quête de reconversion

Aujourd'hui, des dizaines de bâtiments militaires désaffectés rouillent tranquillement derrière de hautes barrières électrifiées. Certains ont été réhabilités dans l'espoir d'un avenir radieux. Au milieu des herbes folles, on distingue une piste d'athlétisme et une piscine. Les épreuves de tir des Jeux olympiques de Paris 2024 ont brièvement réveillé le site l'espace d'un été. Depuis, plus rien ne semble bouger dans cet espace en friche.

La promesse non tenue du Collège de Paris

Pourtant, c'est précisément là que des milliers d'étudiants indiens, népalais, sri lankais ou encore congolais devaient poursuivre leurs études. Du moins, c'est ce qu'on leur avait formellement promis. Entre 2023 et la fin 2024, le Collège de Paris, par le biais de sa branche internationale, a commercialisé à l'étranger des dizaines de formations aux noms pompeux - Bachelor, MBA et autres diplômes prestigieux.

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Ces cursus devaient être dispensés sur le site de La Martinerie. Or, la réalité est tout autre : aucun étudiant n'a jamais mis les pieds à Châteauroux pour suivre ces enseignements. Campus fantôme, formations bidon… Le mystère demeure entier : où est passé l'argent des frais d'inscriptions réglés par ces candidats étrangers ?

Un nouveau directeur face aux pratiques opaques

"Nous n'en avons pas vu la couleur", affirme Vincent Rouaix, le nouveau directeur du Collège de Paris. Arrivé à la tête de l'institution au printemps dernier, ce sexagénaire, ancien PDG d'Inetum (l'un des leaders européens des services informatiques), a une mission claire : remettre à flot ce qui était jusqu'à présent l'un des plus grands groupes d'enseignement supérieur privé en France.

Son objectif principal est de faire le ménage dans toutes les activités opaques en vigueur depuis des années. "C'est un groupe qui a grossi très vite sans aucun contrôle sur les pratiques. Nous nous sommes séparés dès cet automne d'une grande partie des équipes du Collège de Paris International", indique Vincent Rouaix. La tâche s'annonce considérable pour restaurer la crédibilité d'une institution éclaboussée par ce scandale.

L'affaire révèle ainsi comment des promesses éducatives internationales peuvent se transformer en arnaque organisée, laissant dans son sillage des étudiants étrangers floués et un site historique de Châteauroux toujours en attente de sa véritable reconversion.

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