Réforme de la formation des enseignants : premiers concours à bac+3 cette semaine
Formation enseignants : premiers concours à bac+3 cette semaine

La réforme de la formation des enseignants prend son envol avec les premiers concours à bac+3

Annoncée au printemps 2025, la transformation profonde de la formation initiale des professeurs franchit une étape cruciale cette semaine avec le lancement des premières épreuves écrites à bac+3. Cette refonte ambitieuse, conçue pour contrer la crise persistante du recrutement dans l'éducation nationale, ramène les concours en fin de licence, alors qu'ils se déroulaient traditionnellement à bac+5.

Un changement structurel majeur pour tous les niveaux d'enseignement

Cette révolution concerne l'ensemble du système éducatif français, touchant aussi bien les futurs enseignants du premier degré (maternelles et écoles élémentaires) que ceux du second degré (collèges et lycées). Pour cette année 2026, une période transitoire exceptionnelle est mise en place : les nouveaux concours à bac+3 coexistent avec les concours traditionnels à bac+5. Ce système hybride doit progressivement s'effacer jusqu'à la disparition définitive des concours à bac+5 prévue pour 2028.

Jusqu'à présent, le parcours pour enseigner dans le premier degré exigeait le passage du concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE), accessible uniquement après l'obtention d'un master, suivi d'une année de stage avant la titularisation. Dans le secondaire, les concours emblématiques comme le Capes, le Capeps, le CAPLP ou le Capet restaient également l'apanage des titulaires d'un bac+5. Seule l'agrégation, considérée comme l'excellence académique, conserve son statut particulier et n'est pas concernée par cette réforme, demeurant réservée aux diplômés de master.

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Un calendrier chargé pour les premières épreuves

Les candidats au Capeps (éducation physique et sportive) ouvrent le bal dès mardi avec les toutes premières épreuves écrites d'admissibilité à bac+3. Tout au long du mois de mars, les écrits des autres concours du second degré se succéderont selon un calendrier serré. Dans le premier degré, une distinction temporelle est établie : les épreuves traditionnelles à bac+5 se tiendront les 30 et 31 mars, tandis que les épreuves d'admissibilité à bac+3 auront lieu les 1er et 2 avril, marquant symboliquement le début d'une nouvelle ère.

Un engouement immédiat et significatif

La session 2026 révèle des chiffres particulièrement encourageants avec plus de 88 000 inscrits aux concours externes de professeur des écoles, dont près de 50 000 candidats à bac+3 selon les données officielles du ministère de l'Éducation nationale. Dans le second degré, les inscriptions dépassent également les 88 000 candidatures pour les concours externes d'enseignants, de conseillers principaux d'éducation et de psychologues, avec plus de 35 000 inscriptions à bac+3.

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray s'est félicité en décembre dernier de ce succès précoce, soulignant que « le nombre de candidats a doublé aux concours externes ». Il a particulièrement insisté sur le fait que « beaucoup plus d'étudiants de licence se sont inscrits qu'il n'y en a en master, ce qui signifie que la réforme produit l'effet attendu », validant ainsi la pertinence de cette approche innovante.

Deux années de formation professionnalisante et rémunérée

Une fois le concours réussi, les futurs enseignants intégreront à la rentrée 2026 un Master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux années complètes assortie d'une rémunération attractive. Ils deviendront élèves fonctionnaires en première année de master (M1), combinant 450 à 500 heures de formation théorique avec l'équivalent de douze semaines de stage d'observation et de pratique accompagnée, sous la supervision d'enseignants expérimentés. Leur rémunération mensuelle nette s'élèvera à 1 400 euros.

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En deuxième année (M2), ils accèderont au statut de fonctionnaires stagiaires avec un programme comprenant 300 heures de formation et 18 semaines de stage effectuées à mi-temps, où le stagiaire assumera progressivement la responsabilité de classes sous la guidance attentive d'un tuteur dédié. Leur rémunération augmentera alors significativement pour atteindre 1 800 euros nets mensuels, un montant identique pour le premier et le second degré. En contrepartie de cette formation approfondie et rémunérée, les lauréats devront s'engager contractuellement à exercer le métier de professeur pendant au moins quatre années consécutives.

Une licence spécifique pour préparer l'avenir

Pour optimiser la préparation au concours du premier degré, une licence spécifique de préparation au professorat des écoles sera instituée dès la rentrée 2026. Baptisée « licence professorat des écoles » (LPE), cette formation innovante devra impérativement proposer au minimum 10 semaines de stages pratiques et des cours disciplinaires renforcés (mathématiques, français, histoire-géographie notamment), avec un accent particulier mis sur la maîtrise des savoirs fondamentaux. Les titulaires d'autres licences pourront néanmoins toujours présenter le concours, moyennant le passage d'épreuves complémentaires spécifiques.