Étude : les filles toujours sous-représentées dans les sciences au lycée malgré les réformes
Filles sous-représentées en sciences au lycée, malgré réformes

Une sous-représentation persistante des filles dans les matières scientifiques

Une étude approfondie du ministère de l'Éducation nationale, publiée jeudi, met en lumière une sous-représentation persistante des filles dans les matières scientifiques au lycée. Ce constat intervient malgré les efforts récents déployés pour renforcer l'enseignement des mathématiques dans le système éducatif français.

Des choix d'orientation toujours très marqués par le genre

Les données de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) sont sans équivoque. À la rentrée 2025, les filles en terminale générale ont massivement opté pour les sciences économiques et sociales (SES) à 37,1%, suivies des mathématiques à 33,7%. En revanche, les garçons ont placé les mathématiques largement en tête avec 58,8%, devant la physique-chimie à 38,9%.

Les écarts restent particulièrement prononcés dans certaines disciplines. Les filles représentent 79,6% des élèves en arts plastiques et 89,1% en danse. Elles dominent également les humanités, littérature et philosophie (82,2%) ainsi que la littérature, langues et culture de l'Antiquité (80,2%).

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À l'inverse, leur présence est particulièrement faible en sciences de l'ingénieur (14,2%) et en sciences informatiques et numériques (15%). Même dans les matières scientifiques plus traditionnelles, elles restent minoritaires : 41,8% en mathématiques et 47,5% en physique-chimie.

Les mathématiques : une discipline qui divise toujours

Globalement, les mathématiques demeurent la spécialité la plus choisie par l'ensemble des élèves de terminale avec 44,8%, devant les SES (34,9%) et la physique-chimie (32,9%). Cependant, la répartition entre filles et garçons révèle des disparités significatives.

Les filles ne constituent qu'un tiers des inscrits en « mathématiques expertes », l'enseignement optionnel de terminale. En revanche, elles représentent 64,1% des élèves en « mathématiques complémentaires », suggérant des approches différenciées selon le genre dans l'appréhension de cette discipline.

Les réformes pour renforcer le niveau en mathématiques

Face à ces constats, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures. Depuis la rentrée 2023, un enseignement de mathématiques obligatoire d'une heure trente en première dans la filière générale a été réintroduit. Cette décision fait suite à l'inquiétude exprimée par la communauté éducative, des chercheurs, des dirigeants d'entreprise et des responsables politiques après la disparition des mathématiques du tronc commun en 2019.

Cette année marque une étape importante : les élèves de première générale et technologique passeront une épreuve anticipée de mathématiques au baccalauréat. Annoncée par l'ancien ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal en décembre 2023 et entérinée par sa successeure Élisabeth Borne, cette réforme vise explicitement à renforcer le niveau de mathématiques au lycée.

Malgré ces initiatives, l'étude de la Depp montre que les chiffres de la rentrée 2025 restent très proches de ceux observés l'année précédente, indiquant que les changements dans les choix d'orientation des filles et des garçons nécessitent du temps et des actions ciblées supplémentaires.

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