Éducation : Face à la baisse démographique, le ministre envisage des fermetures d'écoles sans l'accord des maires
Fermetures d'écoles sans accord des maires : le plan du ministre

Éducation : Face à la baisse démographique, le ministre envisage des fermetures d'écoles sans l'accord des maires

Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffrey, a annoncé dans les colonnes du Parisien son intention de fermer des écoles à partir de 2027 sans l'autorisation préalable des maires, une mesure qui rompt avec la pratique actuelle. Cette déclaration intervient dans un contexte de crise démographique, où le nombre d'élèves en France devrait chuter de 14 % d'ici 2035, selon une étude statistique du ministère dévoilée le 7 avril. Alors que cette baisse pourrait être l'occasion de réduire la taille des classes, le ministère opte plutôt pour une réduction des effectifs enseignants, avec 4 000 postes supprimés dès la rentrée 2026.

Une saignée annoncée dans les effectifs enseignants

Les projections ministérielles indiquent une diminution de 990 000 élèves dans le premier degré et 710 000 dans le second degré d'ici 2035. Sur cette base, le ministère prépare l'opinion à une baisse conséquente du nombre d'enseignants. Cette perspective est d'autant plus alarmante que 300 000 enseignants doivent partir à la retraite dans les cinq prochaines années, avec le risque que beaucoup ne soient pas remplacés. "On est déjà à l'os !", déplorent des enseignants lors de manifestations à Nîmes et Montpellier, où près de 150 postes sont supprimés dans l'académie de Montpellier pour la rentrée 2026.

Mobilisation et inquiétudes dans les régions

Dans le Gard et l'Hérault, les suppressions de classes et de postes suscitent une vive opposition. Jessica Boyer, vice-présidente académique du Snalc, s'insurge : "Dans l'Hérault, la baisse démographique nous fait perdre trois élèves par école. Cela ne justifie pas toutes ces suppressions de classes." Stéphane Audebeau, secrétaire de la FSU 34, ajoute que dix dispositifs de dédoublement de classes vont être fermés, aggravant des situations déjà dégradées dans des quartiers populaires, notamment à Sète. La FCPE du Gard parle d'une "opportunité manquée d'améliorer les conditions d'enseignement".

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Le milieu rural en première ligne

Les petites communes rurales sont particulièrement concernées. Audrey Malaval-Fantini, maire de Pourcharesses et présidente de l'association des maires ruraux de Lozère, exprime son inquiétude : "Perdre une classe, c'est parfois risquer de perdre une école, ce qui signifie moins d'habitants et d'aide pour la ruralité." Le ministre propose de "reconfigurer l'offre scolaire en milieu rural" en incitant parents, enseignants et élus à se concerter, avec la Vienne comme département pilote pour des regroupements pédagogiques.

Des perspectives contrastées et des critiques

Vincent Bouget, maire de Nîmes, voit dans la baisse des effectifs une opportunité pour maintenir les postes et réduire la taille des classes, contrairement à d'autres pays européens. Cependant, Stéphane Audebeau critique : "Les discours du ministre sont totalement hors sol alors que tous les pays d'Europe du nord font baisser la pression des effectifs." La baisse démographique, qui pourrait atteindre 30 % dans l'Aude d'ici 2035, soulève aussi des questions sur la politique familiale, jugée négligée ces dernières années.

Alors que le nombre d'élèves en situation de handicap continue d'augmenter, mettant à rude épreuve les dispositifs d'inclusion scolaire, les enseignants craignent une dégradation accrue des conditions de travail et des rapports avec les familles. Cette situation, combinée aux annonces du ministre, dessine un horizon inquiétant pour l'avenir de l'éducation en France, en particulier dans les zones rurales et les quartiers défavorisés.

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