L'éducation à la vie affective et à la sexualité (EVAS) est un enjeu majeur de santé publique et d'égalité des chances. Pourtant, en France, son enseignement reste très inégalitaire selon les établissements scolaires. Un constat partagé par de nombreux acteurs éducatifs et associatifs, qui appellent à une réforme ambitieuse.
Des disparités criantes
Dans certains collèges et lycées, l'EVAS est abordée de manière régulière et structurée, avec des intervenants spécialisés et des programmes adaptés à chaque âge. Dans d'autres, elle est quasi inexistante, reléguée au rang de sujet tabou ou laissée à la discrétion des enseignants, sans cadre clair. Ces différences sont souvent liées aux moyens des établissements, à l'implication des équipes pédagogiques ou encore à la sensibilité des chefs d'établissement.
Conséquences sur les jeunes
Cette inégalité d'accès à une information de qualité a des conséquences directes sur la santé et le bien-être des jeunes. Les moins bien informés sont plus exposés aux risques de grossesses non désirées, d'infections sexuellement transmissibles (IST) et de violences sexuelles. De plus, une éducation sexuelle lacunaire peut renforcer les stéréotypes de genre et les discriminations.
Un appel à des programmes communs
Face à ce constat, des associations et des professionnels de l'éducation réclament la mise en place d'un socle commun de connaissances et de compétences en EVAS, obligatoire pour tous les établissements. Ce socle inclurait des thèmes comme le consentement, les relations affectives, la diversité sexuelle, la contraception et la prévention des IST. Il serait accompagné de formations pour les enseignants et de ressources pédagogiques standardisées.
Des initiatives locales prometteuses
Certaines régions ont déjà pris les devants, comme en Nouvelle-Aquitaine où un programme pilote est expérimenté dans plusieurs collèges. Les premiers retours sont positifs : les élèves se disent plus à l'aise pour aborder ces sujets et les enseignants mieux outillés. Ces expériences pourraient servir de modèle pour une généralisation à l'échelle nationale.
Il est urgent d'agir pour que chaque jeune, quel que soit son établissement, puisse bénéficier d'une éducation à la vie affective et à la sexualité complète et de qualité. C'est une question de justice sociale et de santé publique.



