L'éducation bienveillante : entre idéal et réalité quotidienne pour les parents
Éducation bienveillante : entre idéal et réalité quotidienne

L'éducation bienveillante : un courant éducatif qui s'impose

Livres, articles, blogs, vidéos, formations en tout genre… Des étals des librairies aux réseaux sociaux, la parentalité positive a, depuis plusieurs années désormais, trouvé toute sa place au rayon éducation. Développée au début des années 2000 en France, cette approche éducative offre des outils intéressants aux parents, à condition de ne pas se mettre une pression excessive.

Les fondements théoriques de l'éducation positive

Développée notamment avec les travaux de la psychothérapeute Isabelle Filliozat, de la pédiatre Catherine Gueguen ou encore de Catherine Dumonteil-Kremer, autrice de plusieurs ouvrages à ce sujet, cette éducation dite « bienveillante » s'appuie sur les neurosciences. Elle est directement issue du courant de la « psychologie positive », un mouvement né aux États-Unis en 1998 sous l'impulsion du chercheur Martin Seligman.

Ce courant propose de se focaliser sur nos points forts (ou sur ceux des autres) et non plus sur nos faiblesses. Appliqué à l'éducation, ce principe consiste donc à placer le bien-être de l'enfant au centre des apprentissages. L'objectif est de valoriser l'enfant, d'insister sur ses qualités afin d'augmenter sa confiance en lui, d'être à l'écoute de ses sentiments et de respecter ses besoins en bannissant les « violences éducatives ordinaires ».

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Cadre et fermeté : des éléments essentiels

Ne pas crier, ne pas punir, accueillir les émotions de sa progéniture et se mettre à sa place pour comprendre ce qu'il vit et mieux gérer les situations difficiles. Voilà donc les grands principes de l'éducation positive, qu'on a parfois critiquée en l'assimilant à une forme de laxisme.

Mais bienveillance ne veut pas dire absence de cadre ou de fermeté, rappellent les spécialistes qui multiplient les ouvrages à ce sujet. Ces experts donnent de multiples outils et conseils à appliquer au quotidien, des méthodes présentées comme « faciles » à mettre en place pour améliorer la relation parent-enfant.

L'écart entre théorie et pratique

Entre la théorie et la pratique, le fossé est parfois profond. Pour beaucoup de parents, il est important de ne pas faire de l'éducation bienveillante « une règle ultime ». « Les préceptes de l'éducation positive sont devenus des espèces de dogmes desquels je ne pouvais plus sortir », écrit ainsi Aurélia du Pasquier, mère de trois enfants, sur son blog.

Elle explique comment elle s'est retrouvée plusieurs fois en pleurs ou se flagellant mentalement après avoir « osé » crier sur ses enfants qui repoussaient les limites. Cette mère a décidé de « dealer » avec l'éducation positive, qu'elle trouve trop « culpabilisante » dans son application rigide.

Adapter les méthodes à sa famille

« Comme partout, il y a, dans ces méthodes, à prendre et à laisser », souligne une maman sur un groupe Facebook dédié à la parentalité. L'important est de trouver ce qui marche avec notre famille, de ne pas se mettre la pression. Et un papa d'ajouter : « Education positive ou pas, est-ce que mon quotidien avec mes enfants me convient ? Est-ce qu'ils sont heureux ? Est-ce que je suis heureux ? »

Ces témoignages illustrent la complexité de mettre en œuvre au quotidien les principes de l'éducation bienveillante. Les spécialistes insistent sur la nécessité d'adapter ces méthodes à chaque famille, sans chercher à atteindre une perfection impossible qui pourrait générer anxiété et culpabilité chez les parents.

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