Des écoliers cannois s'engagent pour une régulation des réseaux sociaux
À Cannes, une initiative citoyenne remarquable a vu le jour à l'école La Croisette. Les élèves de CM2 ont présenté ce jeudi 9 avril 2026 leur propre proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs contre les dangers des réseaux sociaux. Cette démarche pédagogique et engagée a été accueillie par la députée Alexandra Martin et le directeur académique des Alpes-Maritimes, Laurent Le Mercier.
Un échange fructueux sur le fonctionnement des institutions
La rencontre a permis un véritable dialogue entre les jeunes citoyens et leurs représentants. Les questions des écoliers ont fusé, démontrant une curiosité vive pour le processus législatif. « Comment un député vote-t-il une loi ? », « Est-ce qu'un député peut voter sa propre loi ? » ou encore « Est-ce qu'un député représente la France ? » ont été parmi les interrogations posées à Alexandra Martin.
Laurent Le Mercier a souligné l'importance de cette initiative : « Il est très important que les futurs collégiens comprennent comment sont construites les lois, quels sont les rôles du Sénat, de l'Assemblée nationale, des parlementaires, des commissions. » Les échanges se sont même étendus à des sujets d'actualité comme l'intelligence artificielle et ses risques potentiels pour les enfants.
Une proposition de loi élaborée avec sérieux
Les élèves ont travaillé durant toute l'année scolaire sur leur projet législatif. Leur proposition comprend trois mesures phares :
- Interdiction des téléphones connectés pour les jeunes de moins de 13 ans
- Imposition d'un temps d'écran adapté à l'âge par les fournisseurs de réseaux sociaux
- Mise en place d'une double vérification d'identité pour les comptes des mineurs
Les jeunes Eva et Mathis ont expliqué leur démarche : « Nous avons rencontré plusieurs intervenants avant de proposer des textes. Après nous avons choisi une proposition de loi avec le maître. » Leur réflexion s'appuie sur une expérience personnelle, comme l'a partagé un élève : « Mon frère prend des photos de moi mais quand il les publie, il cache mon visage et modifie mes vêtements pour ne pas que quelqu'un me reconnaisse avec l'IA. »
Un travail salué par les autorités éducatives et politiques
Bien que leur proposition n'ait pas été sélectionnée pour le jury national, l'implication des élèves a été chaleureusement félicitée. Alexandra Martin a déclaré : « Je tiens à vous féliciter. On sent que vous êtes impliqués et que vous avez cherché des solutions pour essayer de vous réguler vous-même. »
L'inspectrice d'académie Martine Lefevre a ajouté : « Je vois combien ce travail vous a nourri et les connaissances que vous en avez tirées donc bravo à vous. » Cette expérience démontre comment l'éducation civique peut prendre une dimension concrète et mobilisatrice pour les jeunes générations, particulièrement sur des enjeux qui les concernent directement comme la protection numérique.



