Écrans et enfants : une dépendance inquiétante par défaut d'alternatives
Une nouvelle étude Ifop pour la Fondation pour l'Enfance, publiée ce lundi 16 février 2026, révèle des chiffres alarmants sur l'utilisation des écrans par les enfants. Faute d'alternatives, 71% des parents d'enfants âgés de 8 à 15 ans proposent régulièrement des outils numériques pour occuper leur progéniture. Cette enquête, réalisée en ligne du 1er au 10 décembre 2025, met en lumière une réalité préoccupante où les écrans deviennent une solution par défaut.
Des parents démunis face au manque d'options
L'étude montre que les parents recourent massivement aux écrans dans diverses situations. 66% d'entre eux utilisent cette option pour se dégager du temps, notamment lors du télétravail ou des tâches domestiques. Dans les lieux publics, 61% des parents sortent les écrans pour occuper leurs enfants pendant les attentes, comme dans les transports, les restaurants ou les salles d'attente. Plus inquiétant encore, 49% admettent y avoir recours pour calmer les émotions de leur enfant et éviter les regards critiques.
Les écrans servent également de récompense pour 65% des parents interrogés, qui les autorisent en échange d'un bon comportement ou d'une réussite scolaire. Cette pratique, bien que courante, soulève des questions sur la place du numérique dans l'éducation.
Les enfants : entre ennui et habitude
Du côté des enfants, les résultats sont tout aussi révélateurs. 55% des jeunes interrogés déclarent utiliser les écrans principalement par ennui. Ce constat met en évidence un manque criant d'activités alternatives capables de captiver leur attention. Malgré cela, 94% des parents affirment avoir établi au moins une règle concernant l'usage du numérique, que ce soit sur la durée, les moments ou les contenus autorisés.
Un débat national en plein essor
La publication de cette étude intervient dans un contexte de débat national sur l'impact des écrans sur les jeunes. Le gouvernement envisage d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée scolaire de septembre 2026, citant des préoccupations liées à la santé mentale, au cyberharcèlement et au manque de sommeil. Cette proposition fait écho aux recommandations de la "commission écrans" mandatée par le président Emmanuel Macron, qui avait souligné en 2024 l'importance de créer des aires de jeux dans les lieux publics pour offrir des alternatives.
L'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 1 001 parents représentatifs, suivis par 953 enfants âgés de 8 à 15 ans après consentement parental. Ces données confirment l'urgence de repenser les solutions pour occuper les jeunes sans recourir systématiquement aux écrans.



