Les classes préparatoires résistent face aux nouvelles formations postbac
CPGE : un parcours exigeant qui conserve son attractivité

Les classes préparatoires aux grandes écoles face à la diversification de l'offre postbac

À la rentrée 2025, les effectifs des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) affichent une stabilité précaire, alors que ces formations héritées du XIXe siècle doivent composer avec l'émergence de nouveaux parcours universitaires. Qu'il s'agisse des filières scientifiques, littéraires ou économiques, ces cursus exigeants voient leur monopole contesté par la montée en puissance des bachelors et l'ouverture continue de formations permettant d'intégrer directement une école supérieure après l'obtention du baccalauréat.

Un avantage compétitif maintenu pour les établissements les plus prestigieux

Alexis Jaury, professeur de mathématiques en prépa scientifique au lycée Cassin de Bayonne, relativise cependant cette rivalité avec les prépas intégrées : « Les meilleures écoles d'ingénieurs ne sont pas accessibles immédiatement après le bac. Pour intégrer un établissement sélectif ou prestigieux, la CPGE demeure la voie d'accès privilégiée. » Il souligne également la différence fondamentale entre les deux approches : « Alors qu'une CPGE prépare à l'ensemble des concours sans fermer de portes, une prépa intégrée peut enfermer l'étudiant dans un parcours qu'il pourrait regretter ultérieurement. »

La pluridisciplinarité comme atout pédagogique majeur

Arnaud Rochelois, professeur de lettres en CPGE au lycée Barthou de Pau, met en avant la richesse des enseignements dispensés dans ces formations : « La pluridisciplinarité des classes préparatoires permet aux étudiants d'approfondir leurs connaissances tout en bénéficiant d'un temps précieux pour affiner leur orientation professionnelle. » Il évoque les multiples débouchés possibles : université, école de commerce, institut d'études politiques...

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« Les élèves de CPGE acquièrent des méthodes de travail uniques qu'ils conserveront toute leur vie professionnelle », ajoute-t-il avec conviction. « Ils forgent leur caractère, apprennent à se dépasser et à gérer la pression des études supérieures. » Cette formation représente selon lui un « vœu sûr » pour les bacheliers, qui savent exactement où ils s'engagent sans risque de mauvaise surprise.

L'argument économique : une gratuité préservée dans le public

Un autre avantage significatif des CPGE réside dans leur coût modéré comparé aux alternatives privées. Alors que les programmes bachelor ou les cycles intégrés peuvent représenter des dizaines de milliers d'euros, la plupart des classes préparatoires intégrées aux lycées publics ne facturent aucun frais d'inscription supplémentaire. Cette accessibilité financière constitue un atout non négligeable dans le paysage de l'enseignement supérieur français.

Témoignage d'un ancien étudiant : la rigueur comme apprentissage fondamental

Mathis Bertorelli, 21 ans, a intégré la prestigieuse ESSEC Business School après avoir suivi une classe préparatoire ECG. Son parcours illustre la flexibilité offerte par ces formations : « Après avoir choisi les spécialités ''physique-chimie'' et ''mathématiques'' au lycée Malraux de Biarritz, j'ai intégré une prépa PCSI au lycée Montaigne de Bordeaux avec l'objectif d'entrer en école d'ingénieurs. »

Mais sa passion pour les sciences s'est rapidement estompée : « Je me suis très vite rendu compte que les sciences ne m'intéressaient pas autant que je le pensais. Deux semaines après la rentrée, je me suis réorienté vers une prépa ECG pour préparer les concours des écoles de commerce. »

Il a alors choisi le lycée Barthou de Pau pour sa proximité géographique, bénéficiant de l'homogénéité des enseignements dispensés dans toutes les prépas de France. « Je conserve un excellent souvenir de ces deux années. J'ai appris la rigueur et une méthode de travail efficace. Le rythme était intense, certes, mais parfaitement gérable : cours jusqu'à 16 heures, travail à domicile jusqu'à 21 heures, et environ 10 heures d'études le week-end. »

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Mathis conclut en évoquant le moment le plus exigeant de ce parcours : « Le plus stressant reste finalement les concours eux-mêmes. C'est un peu comme la dernière haie à franchir avant d'intégrer l'école de ses rêves. »

Les classes préparatoires aux grandes écoles, malgré la diversification de l'offre postbac, conservent ainsi leur pertinence pédagogique et leur attractivité pour les étudiants recherchant une formation exigeante, pluridisciplinaire et économiquement accessible.