Le classement universitaire néerlandais révèle l'embarras chinois face à la corruption académique
Classement universitaire néerlandais révèle l'embarras chinois

Le paradoxe du classement universitaire néerlandais en Chine

Parfois, le silence en dit plus qu'un long discours. Le dernier classement mondial des universités réalisé par les chercheurs de l'université de Leyde aux Pays-Bas a profondément ému les médias occidentaux, notamment le New York Times et Le Monde, qui y voient l'ascension fulgurante des établissements chinois. Huit universités chinoises figurent en effet dans le top 10 de ce palmarès, une performance qui devrait normalement susciter la fierté nationale sur les réseaux sociaux chinois et donner l'occasion aux porte-voix de Pékin de célébrer la montée en puissance de l'Est face à l'Occident.

Un silence assourdissant et des moqueries inattendues

Paradoxalement, ce classement néerlandais est devenu une source de moqueries pour les internautes chinois, éberlués de découvrir que l'université d'Oxford au Royaume-Uni est devancée par l'université Zhengzhou en Chine. Le silence assourdissant des médias officiels chinois trahit clairement l'embarras du régime communiste. En effet, le classement de Leyde est fondé principalement sur le nombre de publications scientifiques, un critère qui rappelle douloureusement aux Chinois les scandales à répétition des paper mills, ces « moulins à papier » qui fabriquent à la demande des articles scientifiques tarifés.

La corruption académique, un fléau profondément enraciné

Le 23 janvier, la National Nature Science Foundation of China a publié une liste de 46 universitaires sanctionnés pour des « comportements frauduleux sur la publication de recherches scientifiques ». Cette annonce ne représente que la partie émergée de l'iceberg du xueshu fubai, la corruption académique qui gangrène les universités chinoises depuis trois décennies. Il serait cependant injuste d'accuser les chercheurs et scientifiques chinois, non moins compétents et brillants que leurs pairs étrangers, d'être à l'origine d'une telle calamité. Les fraudes scientifiques et la contrainte du publish or perish existent dans tous les pays, mais la pression a pris une tout autre ampleur en République populaire de Chine.

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La pression du parti unique sur la carrière académique

Dans ce pays où le parti unique exerce un droit de vie ou de mort sur la carrière académique, le nombre de publications est fixé comme critère primordial d'évaluation, même pour les professeurs de lycée. Il est donc peu étonnant que la Chine ait dépassé les États-Unis dès 2017 dans le classement du nombre de publications scientifiques. En dépit de la sempiternelle « zéro tolérance » martelée contre la corruption académique, Pékin laisse les paper mills prospérer. De nombreux cadres du Parti communiste chinois, tombés dans la campagne anticorruption, avaient de faux diplômes en poche et des publications trafiquées dans leurs CV.

Cette situation révèle un système où la quantité prime souvent sur la qualité, créant un environnement propice aux abus. Les chercheurs chinois, pris entre l'exigence de productivité et les pressions politiques, naviguent dans un paysage académique complexe. Le classement de Leyde, bien qu'il mette en lumière la productivité scientifique chinoise, soulève ainsi des questions fondamentales sur l'intégrité et l'avenir de la recherche en Chine.

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