Les élèves musiciens d'Urdazuri préparent un concert avant leur voyage à Rome
Classe musicale d'Urdazuri : concert avant le voyage à Rome

Un échange musical franco-italien se prépare à Saint-Jean-de-Luz

Les 28 élèves de la quatrième promotion de la classe musicale de l'école primaire d'Urdazuri à Saint-Jean-de-Luz vivent une aventure exceptionnelle. Dans le cadre du dispositif L'Orchestre à l'école, ces jeunes musiciens en herbe préparent activement un échange culturel avec leurs homologues italiens de Sora, un village situé à une centaine de kilomètres de Rome.

Un concert inaugural avant le grand voyage

Avant de s'envoler vers l'Italie courant avril, les élèves luziens recevront leurs correspondants transalpins au mois de mars. Une représentation musicale est d'ores et déjà programmée en leur présence dans le hall du centre culturel Peyuco-Duhart, le mercredi 25 mars à 19h30. Pour appréhender au mieux ce moment unique, les professeurs de musique et chefs d'orchestre échangent régulièrement en ligne et se sont même déplacés sur place pour des répétitions préparatoires.

Trois années de pratique instrumentale intensive

Ces écoliers, qui ne maniaient aucun instrument il y a encore trois ans, présenteront notamment une version adaptée de « La Tarentelle », un chant populaire napolitain. Après avoir testé différents instruments - flûte traversière, clarinette, saxophone, trompette, trombone ou percussions - chaque élève a établi trois vœux qui ont été étudiés avec attention par l'équipe pédagogique.

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Genti Dollani, coordinateur de ce projet qualifié de « formidable », explique : « Derrière, on a regardé en fonction des demandes si ça correspondait ou pas ». Les enfants ont pratiqué du CE2 au CM2, suivant ainsi un cycle classique d'apprentissage musical.

Une pédagogie innovante qui porte ses fruits

Laurent Delinthe, enseignant impliqué dans le projet, reconnaît certaines limites : « Malheureusement, comme une seule classe est concernée, le hasard fait que ça tombe sur certains enfants et pas d'autres ». Comme plusieurs de ses collègues, il s'est « raccroché au wagon » en apprenant lui-même la clarinette, tandis que le directeur Pascal Etcheverria a opté pour le trombone.

Xabi Albistur, qui gère l'école de musique municipale René-Lahetjuzan, souligne l'impact positif de cette implication des adultes : « Ça les implique autrement et c'est très motivant pour les élèves ». Les professeurs de cette école se déplacent deux fois par semaine (mardis et jeudis) pendant trois heures pour encadrer les jeunes musiciens.

Une approche collective révolutionnaire

Avec un solfège moins poussé que dans une structure musicale traditionnelle, les intervenants doivent adapter leur pédagogie. Xabi Albistur confie : « Ça bouscule forcément. La pratique collective fait partie des pédagogies innovantes ». Le clarinettiste Genti Dollani, qui aspire à créer une passerelle entre les deux structures éducatives, avoue avoir « pris une claque professionnelle » en découvrant cette méthode.

« Le fait d'être toujours en groupe change tout », note-t-il avec enthousiasme. « Ce qui est remarquable, c'est qu'ils sont capables de jouer ensemble au bout de quelques semaines », remarque Xabi Albistur. Les deux éducateurs soulignent les facilités d'écoute, de mémorisation et l'émulation positive générées par ce dispositif, constatant des « résultats surprenants ».

Un voyage à Rome pour clôturer le cycle

Pour conclure leur parcours en beauté, les écoliers se rendront au pays de Pavarotti, Morricone et Pino D'Angio. Pascal Etcheverria rappelle : « Nous avons l'habitude de proposer à nos élèves une prestigieuse occasion de se produire ». Les promotions précédentes ont ainsi pu se produire à Paris (au jardin du Luxembourg et sur le parvis du centre Pompidou) ou à Bordeaux (sur la scène de l'Arkea Arena, aux côtés d'Ibrahim Maalouf devant 6 000 spectateurs).

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Un financement participatif nécessaire

Un tel dispositif - impliquant 28 élèves et sept accompagnants - nécessite un financement conséquent. Pascal Etcheverria précise : « La subvention européenne (accréditation Erasmus) à elle seule ne suffira pas ». Pour maintenir la participation des familles à 200 euros par enfant, les adultes se sont mobilisés. Laurent Delinthe a notamment tenu un stand de crêpes avec des parents d'élèves à l'Ultra Park pendant les vacances de Noël.

Ces efforts permettent de réduire les coûts des deux principaux postes de dépenses (billets d'avion et chambres d'hôtel à Rome) et de financer différentes activités sur place, notamment la visite du Colisée. Une belle motivation pour les futurs élèves de la cinquième promotion attendue en septembre prochain.

Un dispositif qui fait école

Lancé en 2008, le dispositif L'Orchestre à l'école propose son aide aux collectivités souhaitant y participer. À Saint-Jean-de-Luz, « la mairie nous accompagne avec volontarisme », souligne Pascal Etcheverria. Précurseur au Pays basque depuis 2014, la Ville investit près de 25 000 euros par an dans ce projet éducatif.

En France, près de 1 600 ensembles musicaux scolaires ont été constitués grâce à cette initiative. Plusieurs établissements de la région ont suivi l'exemple de la Cité des Corsaires : les écoles Amoba à Arraute-Charritte et du Centre à Orthez, ainsi que les collèges de Bartetous à Bedous, des Cordeliers à Oloron et Immaculée Conception à Pau.