Carte scolaire du Gard : une validation qui attise les tensions
Alors que le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) du Gard a officiellement validé la carte scolaire pour la rentrée 2026, la contestation ne faiblit pas. Réuni ce vendredi 17 avril au lycée Albert-Camus de Nîmes, l’organisme a entériné un projet prévoyant 58 fermetures de classes contre seulement 15 ouvertures, un déséquilibre qui alimente la colère des parents d’élèves, des enseignants et des syndicats.
Une mobilisation massive et persistante
Depuis plusieurs jours, la mobilisation s’organise activement dans le département. Dès jeudi, des rassemblements ont eu lieu devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), et vendredi, une foule importante s’est rassemblée au lycée Albert-Camus, lieu du CDEN. Pancartes et slogans scandés avec vigueur ont traduit une peur et une inquiétude tangibles, tandis que des chants de révolte résonnaient jusqu’à la salle de réunion.
Les arguments du directeur académique
Lors de la séance, Christophe Mauny, le directeur académique des services de l’Éducation nationale du Gard, a défendu une carte scolaire présentée comme “équitable et équilibrée”. Il s’appuie sur une baisse attendue de 1 202 élèves dans le premier degré à la rentrée 2026, affirmant que le nombre moyen d’élèves par classe diminuerait à 21,14 et que le taux d’encadrement progresserait avec 6,08 enseignants pour 100 élèves. Il met en avant “un travail de proximité, d’écoute et de concertation”, avec 73 mesures arrêtées, incluant la création de trois unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS) et onze pôles d’appui à la scolarité.
Une opposition farouche et organisée
Malgré ces justifications, l’opposition reste vive. La FCPE dénonce une décision “déconnectée des réalités du terrain”, tandis que le SNUDI-FO évoque une “gestion de la pénurie” et fustige “l’habillage politique d’une politique d’austérité”. Les opposants alertent sur les conséquences : “Moins de classes, ce sont des effectifs plus lourds, moins de possibilités pédagogiques et une pression accrue sur les équipes”. De nombreuses écoles envisagent déjà de poursuivre le mouvement avec des assemblées locales et des interpellations d’élus.
Un bras de fer qui s’installe dans la durée
Christophe Mauny reste ferme, affirmant que “le temps où chaque commune avait son école est révolu” et que la priorité est la justice sociale, malgré la baisse des effectifs. Il prévoit une perte d’environ 10 500 élèves d’ici 2035 dans le Gard. Ces propos accentuent les tensions, cristallisant les questions sur les conditions d’apprentissage et les inégalités territoriales. Malgré la validation officielle, le dossier de la carte scolaire dans le Gard est loin d’être clos, avec une mobilisation qui s’annonce durable.



