Blocus lycéens : 400 lycées fermés, 300 policiers et 170 élèves blessés
Blocus lycéens : 400 lycées fermés, 300 policiers blessés

Quatre cents lycées sont fermés ce vendredi 2 octobre, au lendemain d'une journée marquée par des violences qui ont fait plus de 300 policiers et gendarmes blessés, ainsi que 170 élèves. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, doit recevoir les syndicats et associations lycéennes, alors qu'une grande manifestation est annoncée pour mardi.

Un mouvement qui s'étend à toute la France

Le mouvement de blocage des lycées, parti d'Île-de-France pour demander davantage de moyens, s'est étendu à l'ensemble du territoire. Jeudi, 1 027 établissements ont été concernés et 222 complètement bloqués, selon les autorités. Une trentaine de campus étudiants se sont également joints au mouvement. Les forces de l'ordre ont procédé à près de 2 000 interpellations.

Le gouvernement n'a pas encore répondu aux revendications des lycéens. Matignon a condamné des « violences urbaines » et en a imputé la responsabilité à La France insoumise. À sept mois de l'élection présidentielle, cette mobilisation est jugée particulièrement sensible.

Interdictions de manifester et cours à distance

Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés interdisant de manifester vendredi aux abords des lycées fermés. À Paris, le préfet de police Patrice Faure a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés, dont les noms figurent dans l'arrêté. Au ministère de l'Intérieur, on confirme que la même consigne a été donnée dans tous les départements.

Édouard Geffray a annoncé jeudi soir que près de 400 lycées sur les 3 700 que compte le pays seraient fermés. « La première chose, c'est de protéger nos élèves », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je le dis aussi aux parents : ne laissez pas vos enfants partir dans ce genre de contexte ». De nombreux lycées, notamment à Marseille, ont prévu d'assurer les cours à distance.

Bilan des violences et rencontre avec le ministre

Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a condamné « une violence débridée ». Édouard Geffray a également indiqué que 65 personnels de l'Éducation nationale et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement. Il a dénoncé « une entreprise d'attaque et de destruction du service public de l'Éducation ».

Pour renouer le dialogue, Édouard Geffray doit rencontrer vendredi les syndicats de l'éducation, les associations lycéennes, dont l'Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, ainsi que les parents d'élèves et les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Sur X, il a précisé son « objectif » : « faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l'École ».

Incendies et dégâts matériels

Vendredi matin, des feux ont endommagé les entrées de deux établissements parisiens : le lycée Léonard de Vinci dans le XVe arrondissement et le lycée professionnel Gaston-Bachelard dans le XIIIe. Les pompiers sont intervenus sur ces deux lieux, selon l'Agence France-Presse (AFP).

Mardi, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, chiffrait déjà les réparations à 200 000 euros. « Combien d'activités éducatives vont devoir être supprimées pour rembourser ces 200 000 euros ? », avait-elle interrogé sur RMC. La veille, le hall d'entrée du lycée Nelson-Mandela à Nantes a été détruit par un incendie. En Auvergne-Rhône-Alpes, le président de la région Fabrice Pannekoucke (LR) a estimé les dégâts « entre 25 et 30 millions d'euros », répétant que les « casseurs » devront être « pénalisés » financièrement.

Le gouvernement a par ailleurs renoncé à faire payer des frais d'inscription en BTS ou en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 et critiquée par la gauche et plusieurs syndicats. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts causés par leurs enfants, afin de leur faire « payer les réparations », a-t-il dit vendredi sur RTL. Le ministre de l'Éducation a également appelé les parents à se mobiliser : « Maintenant ce qui compte c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu'ils sont en danger ».