Blocages lycées : 2.000 interpellations, 400 établissements fermés
Blocages lycées : 2.000 interpellations, 400 fermés

Quelque 2.000 personnes ont été interpellées jeudi en France lors de l'acte II du mouvement de blocage des lycées, tandis que plus de 400 établissements resteront fermés ce vendredi. Le ministère de l'Intérieur a annoncé ces chiffres alors que le ministre Laurent Nuñez a dénoncé une « aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines ».

Un mouvement qui s'intensifie et se durcit

Depuis lundi, le mouvement de blocage des lycées, qui réclame davantage de moyens humains et matériels pour l'Éducation nationale, a pris une ampleur croissante. Jeudi, les incidents et actes de violences se sont multipliés, notamment à Nantes et à Marseille. Au total, 1.949 interpellations ont été comptabilisées depuis lundi, et plus du tiers des lycées ont été bloqués ou perturbés.

Le ministère de l'Intérieur a précisé que tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms figurent dans l'arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a-t-on ajouté au ministère de l'Intérieur.

Fermetures d'établissements et gardes à vue en hausse

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé jeudi soir sur France 2 qu'« un peu plus de 400 établissements seront fermés » ce vendredi. Il s'agit des établissements dans lesquels les « conditions d'accueil ne sont plus réunies », soit parce qu'ils ont fait l'objet de dégradations, soit parce que des personnels éducatifs ont été pris à partie.

La Chancellerie a indiqué que 1.793 jeunes personnes ont été placées en garde à vue depuis lundi à la suite d'interpellations lors de débordements. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué sur X avoir réuni dans l'après-midi les procureurs généraux en visioconférence « pour leur demander une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs ces faits inadmissibles ».

Accusations politiques et réactions

Les services du Premier ministre ont dénoncé une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche ». Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a reproché à Matignon de « sombrer dans le complotisme ». De son côté, Édouard Geffray a jugé que « le mouvement lycéen est pris en otage par des groupuscules ultra-violents ».

Ce vendredi, le ministre de l'Éducation nationale doit rencontrer les associations lycéennes. Les autorités appellent à la fermeté face aux violences, tandis que les lycéens continuent de réclamer des moyens supplémentaires pour l'Éducation nationale.