Le ministre de l'enseignement supérieur durcit le ton après un drame à Lyon
Le ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé mardi 17 février sur BFM-TV qu'il n'y aurait pas d'autres meetings dans les universités si un risque de trouble à l'ordre public est avéré. Cette déclaration intervient quelques jours après la mort tragique du jeune militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon, survenue lors d'une manifestation à Sciences Po Lyon.
Une circulaire envoyée aux préfets et recteurs
Philippe Baptiste a précisé avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour formaliser cette position. « Avec les risques qu'on a aujourd'hui qui sont maintenant tristement très très clairs, évidemment non, il n'y aura pas d'autres meetings de ce type-là dans les établissements », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de la situation actuelle.
Le ministre a toutefois rappelé que la décision finale reviendrait aux présidents d'université, tout en insistant sur la nécessité de prévenir toute escalade violente. « Des discours qui ont vocation à enflammer les jeunes, à les mettre dans la rue pour avoir des interactions violentes, ce n'est pas possible de continuer à avoir ça aujourd'hui au sein des établissements », a-t-il fustigé, exprimant sa préoccupation face à la montée des tensions.
Contexte du drame de Lyon
Selon le collectif d'extrême droite Némésis, qui se revendique féministe, Quentin Deranque était chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le jeune homme a succombé à des coups portés par au moins six individus masqués et encagoulés, selon les déclarations du procureur lundi, ce qui a conduit à l'ouverture d'une enquête pour homicide volontaire.
Réactions politiques et responsabilités morales
Philippe Baptiste a fait part d'« une immense colère de voir que le discours politique agressif, dur, violent, se transforme en violence physique ». Il a estimé que « là, il y a une responsabilité morale de LFI qui est extrêmement forte », pointant du doigt les partis politiques dont les propos pourraient alimenter de tels incidents.
Cette annonce marque un tournant dans la gestion des événements politiques au sein des établissements d'enseignement supérieur, avec un accent renforcé sur la sécurité et la prévention des troubles. Les autorités universitaires devront désormais évaluer rigoureusement les risques avant d'autoriser tout meeting, dans un contexte national de polarisation croissante.



