Le viaduc d'Oléron face à un double défi : gratuité et entretien
Alors que le viaduc reliant l'île d'Oléron au continent s'apprête à célébrer son 60e anniversaire, deux questions majeures mobilisent les acteurs locaux : la possible réinstauration d'un péage et la nécessité de travaux d'entretien conséquents. Ce pont stratégique, qui supporte jusqu'à 25 000 véhicules par jour en période estivale, se trouve au cœur des préoccupations des habitants et des élus.
L'association AGPIO sort de son sommeil
L'Association pour la gratuité du pont de l'île d'Oléron (AGPIO) a tenu son assemblée générale le 29 janvier à Bourcefranc-le-Chapus, rassemblant environ 80 personnes. Michel Ravault, président de l'association qui compte 170 adhérents majoritairement oléronais, a précisé : « C'était une AG traditionnelle, sans actualité particulière. La présidente du Département a sollicité la Commission nationale du débat public, mais aucune décision n'a été prise concernant le retour du péage. Il faudra attendre après les élections municipales pour voir ce qu'il va se passer. »
Un diagnostic rassurant mais des travaux indispensables
Le diagnostic réalisé en mai 2025 a confirmé que le viaduc, pesant 65 000 tonnes dont 2 000 tonnes d'acier, est en bon état général. Cependant, à soixante ans d'âge, il nécessite des interventions programmées sur cinq ans à partir de 2028. Christophe Sueur, vice-président du Département, explique : « Il est important d'expliquer que cela va représenter un coût important, et donner la bonne information sur les travaux et leur financement. Le pont n'est pas en mauvais état, le diagnostic l'a montré. D'ailleurs, le pont de l'île de Ré est en plus mauvais état. »
Les travaux prioritaires concernent :
- Le remplacement des appareils d'appui, sortes d'amortisseurs situés entre les piles et le tablier
- La réparation du béton armé des piles, vulnérable à l'attaque du sel marin
Rampe de sécurité et piste cyclable : des projets abandonnés
Le vice-président du Département a également évoqué deux sujets sensibles. Le remplacement des rambardes endommagées, souvent protégées par des barrières Vauban, n'est pas programmé en raison d'un coût estimé à 35 millions d'euros. « Elles sont positionnées sur le tablier du pont, qui fait environ 20 centimètres d'épaisseur. Les remplacer nécessiterait de renforcer le tablier », précise Christophe Sueur.
De même, la création d'une piste cyclable, pourtant approuvée en avant-projet en septembre 2021, a été abandonnée. Ce projet aurait nécessité d'élargir le tablier à 7,80 mètres de largeur de chaussée, représentant un investissement trop important dans le contexte budgétaire actuel.
Le viaduc d'Oléron continue donc de symboliser les tensions entre les impératifs de maintenance d'une infrastructure vieillissante, les aspirations des habitants à la gratuité, et les contraintes financières des collectivités territoriales.



