Marmande face au défi de la revitalisation commerciale
À l'approche des élections municipales, le journal Sud Ouest a donné la parole aux cinq principaux candidats de Marmande pour exposer leurs projets concrets concernant l'avenir du commerce en centre-ville. Comme dans de nombreuses villes moyennes françaises, Marmande subit de plein fouet la concurrence des zones commerciales périphériques et du commerce en ligne, aggravée par la vétusté de certains locaux et des loyers parfois prohibitifs. La question centrale : comment rouvrir les boutiques et ramener de l'animation dans le cœur de la cité ? Si personne ne détient de baguette magique, tous les candidats en ont fait une priorité absolue de leur campagne.
André Belacel (RN) : parking gratuit et office municipal
La tête de liste du Rassemblement National propose la création d'un office municipal de commerce et d'artisanat et une politique foncière active pour lutter contre les vitrines vides. « On pourrait négocier avec les propriétaires pour faciliter l'installation de nouveaux commerçants grâce à des loyers progressifs ou des exonérations temporaires, notamment durant les six premiers mois », explique Sonia Faure, sa colistière chargée du dossier commerce. La liste Un nouveau cap pour Marmande souhaite également revoir la tarification du stationnement avec deux heures de gratuité le samedi après-midi pour inciter les clients à revenir. « Il faut valoriser le parking souterrain et organiser des festivals gastronomiques », ajoute-t-elle. Parmi les autres propositions : la relance des fêtes de Marmande en juillet avec une mise en avant de la tomate, une grande braderie avec les commerçants et l'organisation de marchés nocturnes sur les deux places centrales. « Il est essentiel d'écouter les commerçants avant de prendre toute décision », insiste la colistière.
Martine Calzavara (Divers droite) : relancer les boutiques tremplin
La candidate de la liste Clairement Marmande veut réactiver le dispositif « boutiques tremplin », initialement lancé rue Léopold-Faye sous la mandature Benquet. « Le principe est de négocier les loyers avec les propriétaires sur une rue entière. Pendant deux ans, la mairie participerait à hauteur d'un tiers, le propriétaire un tiers et le commerçant le dernier tiers. Cela permettrait aux porteurs de projets de tester la viabilité de leur activité avec un risque financier réduit », détaille Martine Calzavara. Elle envisage également la création d'un quartier des artisans d'art en centre-ville, s'appuyant sur le succès du collectif Fakto Mano, ainsi que l'assouplissement du règlement municipal concernant les commerces et une révision de la taxe sur les friches commerciales. Autres pistes : le retour de France Services en centre-ville pour générer du flux et l'étude d'un parking à l'emplacement de l'ancien bâtiment des Nouvelles Galeries, « tout en conservant la façade historique ».
Jean-Luc Dubourg (Sans étiquette) : une commission extra-municipale et des aides financières
Pour Jean-Luc Dubourg, désormais « homme libre, sans étiquette », le commerce relève avant tout des commerçants eux-mêmes, mais la municipalité doit les conseiller et les soutenir. Il propose la création d'une commission extra-municipale se réunissant trimestriellement avec l'association des commerçants du centre et de la périphérie. « Je mettrai rapidement en place un fonds d'aide financière pour tous les porteurs de projet. La première année, on pourra étudier avec Val de Garonne Agglomération un dégrèvement ou une exonération de la CFE pour faciliter les installations, avec des conditions suspensives », explique l'ancien artisan. Il souligne l'importance des commerces de bouche, des bars et des restaurants, suggérant l'organisation de grands barbecues géants sur les places publiques en collaboration avec les commerçants. « Cela coûterait peu et redonnerait de l'animation à une ville devenue trop calme ».
Joël Hocquelet (Maire sortant) : requalifier la rue Toupinerie et intervenir sur le foncier
Le maire sortant, candidat à sa succession, met l'accent sur la réhabilitation de la rue Toupinerie pour créer un linéaire attractif jusqu'à la place du Marché. « Dans cette artère, nous avons trois magasins de grandes surfaces et des porteurs de projets intéressés, mais l'état de la rue les freine. Nous allons construire un projet plus simple que la réhabilitation de la place Clemenceau », affirme Joël Hocquelet. Une autre priorité est le réaménagement du secteur entre la gare et l'entrée de la rue Charles-de-Gaulle, où la reconquête du logement a déjà commencé. « Cette dynamique est primordiale pour ramener des clients en centre-ville ». Enfin, lorsque l'initiative privée fait défaut, le premier magistrat propose que la municipalité intervienne pour racheter deux ou trois pieds d'immeubles stratégiques via une société foncière commerciale, en collaboration avec Val de Garonne Agglomération, « pour relancer la machine ».
Valérie Pérali (Centre droit) : bureau unique et application pour le stationnement
La candidate de centre droit propose de simplifier les démarches pour les porteurs de projet grâce à la création d'un service attractivité à bureau unique en mairie. « Un seul interlocuteur éviterait un labyrinthe administratif décourageant. Il faut aussi travailler en amont avec la Chambre de commerce et d'industrie pour s'assurer que les projets correspondent aux besoins réels et éviter les fermetures précoces », explique Valérie Pérali. Son programme inclut également la création d'un quartier d'artisanat d'art, l'élaboration d'un plan numérique avec les commerçants et artisans pour développer une e-vitrine et un parcours shopping, ainsi qu'une application municipale indiquant les places de stationnement libres pour fluidifier la circulation. « Cette mesure demande des moyens, mais elle renforce l'attractivité, tout comme l'organisation d'une fête mensuelle le samedi », conclut la candidate de la liste Marmande Avenir.
Ces propositions variées illustrent l'urgence partagée par tous les candidats de redonner vie au centre-ville de Marmande, en combinant soutien aux commerçants, amélioration de l'accessibilité et animation du territoire. Les électeurs auront à trancher lors du scrutin pour choisir la stratégie qui leur semble la plus adaptée à ce défi majeur pour l'avenir économique et social de leur ville.



