Île de Ré : Travaux d'urgence contestés pour protéger le littoral après les tempêtes
Travaux d'urgence contestés pour protéger le littoral de l'île de Ré

Des travaux d'urgence contestés sur le littoral rétais

À La Couarde-sur-Mer, du sable est déplacé pour renforcer le cordon dunaire de la plage du Peu Ragot. À Saint-Clément-des-Baleines, du béton est utilisé pour réparer une descente à la mer endommagée. Ces deux chantiers, lancés par les collectivités de l'île de Ré, visent à remédier provisoirement aux dégâts causés par les intempéries des dernières semaines. Cependant, ces interventions d'urgence ne font pas l'unanimité parmi les habitants.

Une critique virulente des méthodes employées

« Ça ne sert à rien ce que vous faites ! Il faut enrocher, pas remettre du sable qui ne restera pas. C'est du gaspillage d'argent public ! » Ces mots, prononcés par un habitant de La Couarde-sur-Mer ce lundi 23 février, résument le scepticisme de certains face aux travaux de renforcement du cordon dunaire. L'homme, parti à grandes enjambées après avoir interpellé les responsables, a laissé placide le maire de la commune, Patrick Rayton.

« Il n'a pas l'air de vouloir entendre mes explications… », relève l'élu, qui est également vice-président de la Communauté de communes de l'île de Ré, délégué au littoral. Sur le fond, Patrick Rayton ne dément pas complètement son interlocuteur. « On est sur des travaux d'urgence et sans doute qu'il faudra recommencer, en effet. Mais si on ne renforce pas le pied de la dune, c'est le haut qui va tomber sur la plage. »

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Un scénario catastrophe à éviter

Cette situation pourrait permettre aux flots déchaînés de progresser et de menacer les zones habitées, un scénario « catastrophe » que les élus veulent absolument éviter. Au Peu Ragot, où le trait de côte a reculé de 2 à 6 mètres selon les endroits, deux pelleteuses et deux tracteurs avec remorque sont mobilisés durant deux jours. L'objectif est de gratter l'estran à marée basse pour prélever 3 500 mètres cubes de sable, transportés ensuite jusqu'au pied de la dune meurtrie.

À Saint-Clément-des-Baleines, c'est la descente à la mer qu'il faut réparer suite au passage de la tempête Nils. Pas moins de 49 mètres cubes de béton ont été nécessaires pour combler une brèche et remplacer la maçonnerie en pied d'ouvrage.

Un projet ambitieux de 15 millions d'euros en préparation

La Communauté de communes a récemment déposé, auprès des services de l'État, un projet de plan de gestion complet de la zone côtière. Ce programme, estimé à au moins 15 millions d'euros, identifie l'ensemble des travaux à réaliser pour protéger les zones à enjeux de l'érosion liée aux vagues, aux vents et aux courants.

Le premier chantier de ce plan est prévu à l'automne, précisément à La Couarde-sur-Mer, au lieu-dit Moulin-Brûlé. Cette commune, qui fait face directement à l'océan, est particulièrement exposée aux assauts des éléments. Si les travaux d'enrochement prévus ne sont pas réalisés d'ici le printemps 2027, il faudra à nouveau réensabler le site, même pour seulement quelques mois.

Des procédures administratives complexes

Intervenir sur le domaine public maritime, propriété de l'État, n'est jamais acquis d'avance pour les aménageurs locaux. L'île de Ré compte parmi les territoires au patrimoine naturel particulièrement protégé, ce qui explique parfois des années de procédures administratives avant de pouvoir lancer des travaux durables.

En attendant, des travaux d'urgence – soumis à autorisation préalable de l'État – peuvent être jugés nécessaires. Malgré une succession de neuf alertes aux tempêtes et grandes marées, « on s'en sort bien cette année », relève Lionel Quillet, le président de la Communauté de communes de l'île de Ré. Seulement deux interventions sont programmées pour un coût total de 76 000 euros.

Des infrastructures existantes qui résistent

Côté « bonne nouvelle », selon les termes de Lionel Quillet, les digues issues des coûteux Programmes d'actions de prévention des inondations (Papi) n'ont pas été endommagées par les récentes intempéries. Ces infrastructures, résultat d'investissements importants, ont donc rempli leur rôle protecteur face aux assauts répétés des éléments.

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Ces travaux d'urgence, bien que provisoires et parfois critiqués, s'inscrivent dans une stratégie plus large de protection du littoral rétais. Ils témoignent des défis permanents auxquels sont confrontées les collectivités locales pour préserver leur territoire face aux aléas climatiques et à l'érosion côtière.