Rochefort peut-elle devenir une ville étudiante ? Les candidats aux municipales débattent
Rochefort ville étudiante : le débat des candidats aux municipales

Rochefort peut-elle devenir une ville étudiante ? Les candidats aux municipales débattent

Dans le cadre de notre série « Le choix des abonnés », le journal « Sud Ouest » a interrogé les quatre candidats déclarés aux élections municipales de Rochefort sur une question cruciale : la ville peut-elle se transformer en un véritable pôle étudiant ? Les réponses, présentées dans l'ordre alphabétique, révèlent des visions contrastées sur l'avenir éducatif et démographique de la commune.

Hervé Blanché : un projet ambitieux de « territoire apprenant »

Le maire sortant, candidat à sa succession sous l'étiquette LR avec la liste « Continuons ensemble », Hervé Blanché, affirme avec conviction que Rochefort accueille déjà des étudiants sur son territoire. Il cite notamment l'école d'infirmière, l'institut d'auxiliaires de puériculture, les deux formations supérieures de la Chambre de commerce, les BTS dans les lycées, le groupe Alternance, l'Afpa et l'Aftral.

« L'ambition de notre projet, inscrit dans le Projet de territoire de l'Agglo, est de développer ce 'territoire apprenant'. L'objectif est de devenir encore plus attractif pour les étudiants, les apprentis et les acteurs de la formation, afin de donner à nos jeunes les moyens de partir mais aussi de rester sur notre territoire ! » explique-t-il. Il insiste sur la complémentarité avec La Rochelle, plutôt qu'une concurrence, et met en avant la construction du pôle de formation sur le site de l'ancien hôpital Saint-Charles.

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Selon Hervé Blanché, de nombreux atouts favoriseront l'épanouissement des étudiants : les formations, les logements étudiants, l'espace coworking, le réseau de bus avec sa tarification jeunes, les locations de vélos, la liaison ferroviaire cadencée Rochefort-La Rochelle, les festivals, les concerts gratuits de l'Agglo au Clos, la médiathèque, les associations, les installations sportives et le patrimoine naturel et historique de la ville.

Anne-Catherine Godde : des réserves sur les infrastructures

Anne-Catherine Godde, candidate pour Lutte ouvrière avec la liste « Le camp des travailleurs », commence par s'exclamer : « Vive les jeunes. Rochefort compte beaucoup de retraités, des étudiants en plus, ça peut faire du bien à la ville. » Cependant, elle émet rapidement des réserves significatives.

« Mais encore faut-il qu'il y ait les capacités d'hébergement nécessaires et les moyens de nourrir les étudiants à moindre coût, à 1 euro le repas comme dans un restaurant du Crous. Sans parler des transports vu les faibles cadences des bus de ville et des trains entre La Rochelle et Rochefort », souligne-t-elle. Elle craint que sans infrastructures complémentaires, l'arrivée d'écoles pose des problèmes, et s'interroge sur la nécessité de ramener des écoles à Rochefort au détriment d'autres villes comme La Rochelle.

Romain Monroux : un projet démesuré et incertain

Romain Monroux, candidat avec la liste « Rochefort collectif 2026 » (DVG), est sceptique : « Rochefort ne sera pas plus une ville étudiante demain qu'aujourd'hui. » Il met en lumière les difficultés à attirer des écoles, notant que seul le groupe Alternance a confirmé sa venue, tandis que l'installation de l'école d'infirmières reste incertaine.

Il critique le pôle de formation sur le site Saint-Charles, qu'il décrit comme une « coquille vide », avec seulement 5 000 mètres carrés fléchés sur 11 000. Pour sa liste, cet investissement de au moins 50 millions d'euros est démesuré, sans vision d'ensemble ni bénéfice clair pour les habitants. Il préférerait un renouveau du quartier axé sur les logements, commerces et mobilités, et propose d'impliquer les jeunes via des conseils citoyens et des logements intergénérationnels.

Fabrice Vergnier : des services pour tous, étudiants inclus

Fabrice Vergnier, candidat PS avec la liste « Rochefort, l'avenir autrement », questionne : « Une ville étudiante, mais pour quels étudiants ? Aujourd'hui, ce sont des classes post-bac en lycée et l'école d'infirmières. Le reste, ce sont de vieux effets d'annonce, sans concrétisation à ce jour. »

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Il n'est pas opposé à développer des filières sur l'environnement ou les métiers d'art, en partenariat avec l'université de La Rochelle. Cependant, il insiste sur une approche plus large : « Apporter des services aux étudiants, c'est apporter aussi des services à la population. » Il propose une restauration collective accessible, un meilleur accès aux soins, aux médiathèques, aux sports, plus de logements sociaux et de transports publics, bénéficiant à toute la jeunesse, étudiante ou non.

En somme, le débat sur Rochefort comme ville étudiante divise les candidats, entre ambition de développement et pragmatisme sur les réalités infrastructurelles et sociales.