Lac de Saint-Pée-sur-Nivelle : Kha2 défend son projet de zone de loisirs face aux critiques
Kha2 défend son projet de loisirs lacustre face aux critiques

Un projet de loisirs lacustre qui divise la population

Le projet de nouvelle zone de loisirs sur le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle continue de susciter de vifs débats. Depuis plusieurs semaines, la SARL Kha2, entreprise concessionnaire chargée de cette gestion renouvelée, fait face à une opposition croissante de la part des riverains, des élus d'opposition et de l'association de kayak locale. Qualifié de « Disneyland » basque par certains, perçu comme un symbole du surtourisme ou comme un piège financier pour la commune, ce projet n'en reste pas moins présenté par ses promoteurs comme un atout touristique majeur.

Les responsables de Kha2 sortent du silence

Henri et Karen Charlet, responsables de la société Kha2 spécialisée dans la vente, la fabrication et la gestion de structures aquatiques gonflables, ont décidé de rompre le silence. Après avoir installé il y a dix ans le premier Aquazone au milieu du lac Alain-Camy, ils ont récemment été mis sous pression lors d'une réunion publique houleuse. Ils souhaitent aujourd'hui, avec plus de recul, réexpliquer en toute transparence le fonctionnement, les objectifs et les modalités de leur nouveau projet.

Les principales évolutions du projet

La nouvelle installation se distinguera de la première sur plusieurs points essentiels. Tout d'abord par son emplacement : la structure se rapprochera du ponton de la digue, prenant un peu plus de volume en hauteur et en largeur, mais sans dépasser 5% de la surface totale du plan d'eau. Elle sera plus aérée et intégrera un parc de jeux gonflables nautiques spécialement conçu pour les enfants de 3 à 6 ans, une demande récurrente de leur clientèle.

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Du côté forêt, un ponton flottant et gonflable accueillera les pédalos et paddles, libérant ainsi la plage. Face aux bâtiments, un accueil modernisé sera installé, comprenant un espace de stockage pour le petit matériel comme les gilets de sauvetage, ainsi qu'un snack de vente à emporter avec des tables et des chaises accessibles à tous, clients comme promeneurs.

Des développements futurs déjà programmés

Les ambitions de Kha2 ne s'arrêtent pas là. Dès 2027, en contrebas de la digue, la société prévoit d'installer un village gonflable de style Ninja ou Intervilles qui occupera un cinquième de la surface totale. Cet espace a déjà accueilli par le passé ce type d'équipements, sans grand succès, ainsi qu'un mur d'escalade aujourd'hui disparu.

Pour 2028, l'objectif est d'implanter un minigolf démontable sur le thème de la mythologie basque, sur la zone de l'ancienne accrobranche. Ces deux animations pourraient ouvrir plus tôt dans la saison en fonction des conditions météorologiques.

La justification économique du projet

Face aux accusations de déséquilibre financier au détriment de la commune, les responsables de Kha2 apportent des précisions chiffrées. La redevance versée à la commune s'est élevée à 51 000 euros en 2025. Dès 2026, elle sera calculée sur le chiffre d'affaires de l'entreprise, fixée à 16% avec un minimum garanti de 45 000 euros annuels.

Par ailleurs, la municipalité n'aura plus à assumer les charges de personnel pour la gestion des pédalos, qui s'élèvent actuellement à 38 000 euros. Concernant les activités de canoë, paddle et pédalos, la redevance est fixée à 30% de leur chiffre d'affaires spécifique, compensant le fait que la mairie reste propriétaire des équipements que Kha2 s'engage à entretenir.

L'entreprise prévoit également d'augmenter ses effectifs, passant de 15 à 24 salariés, et affirme avoir déjà reçu une centaine de candidatures de jeunes souhaitant travailler sur le site cet été.

La question sensible de la fréquentation

Les craintes concernant une hausse excessive de la fréquentation sont vivement contestées par Kha2. Actuellement, le site accueille 30 000 personnes en saison, avec une jauge maximale de 300 personnes par heure sur la structure. Le nouvel équipement n'autorisera qu'une augmentation de 20 personnes supplémentaires, ce qui est loin, selon l'entreprise, du « raz-de-marée » annoncé par les opposants.

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Concernant les jeux nautiques pour enfants, il s'agit selon Kha2 de répondre à une demande d'une clientèle déjà présente sur le site. L'entreprise rappelle également que le village gonflable et le minigolf prévus ont déjà existé au lac par le passé, sans avoir généré de surfréquentation notable, puisqu'ils ont finalement disparu.

Les préoccupations environnementales et réglementaires

Face aux accusations de nuisances visuelles, sonores et écologiques, Kha2 se veut rassurante. La structure principale, comme l'ancienne, sera démontée chaque septembre pour être remontée mi-juin, limitant ainsi son impact visuel permanent. Concernant les rejets plastiques, l'entreprise affirme que ses structures respectent strictement les normes environnementales en vigueur.

Sur le plan réglementaire, les responsables précisent que si le minigolf prévu ne respecte pas le Plan Local d'Urbanisme (PLU), il ne sera tout simplement pas réalisé, comme stipulé dans la convention. Ils regrettent enfin la confusion fréquente entre la clientèle potentielle de l'Aquazone et les visiteurs généraux du lac, soulignant que personne ne peut actuellement fournir de chiffre exact sur la capacité d'accueil et la fréquentation globale du site.

Convaincus de la pertinence de leur démarche, Henri et Karen Charlet affirment que leur projet est parfaitement adapté au lieu, conciliant harmonieusement l'envie de loisirs et le respect de l'environnement lacustre.