Dax : Quand le confinement révèle les trésors naturels de l'agglomération
« À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. » Cette invitation à la marche, lancée par Henri David Thoreau en 1851 dans son essai « De la marche », prend une résonance particulière depuis le début du troisième confinement en avril. Les limitations de déplacements imposées par les autorités sanitaires ont contraint les habitants à réinventer leurs promenades quotidiennes.
Une nature accessible à moins de dix kilomètres
Impossible désormais de s'évader vers la campagne fleurie de Chalosse ou les dunes du littoral landais. Pourtant, les Dacquois du centre-ville peuvent tromper l'ennui de la vie domestique tout en respectant la limite des dix kilomètres autour de leur domicile. La proximité du fleuve Adour offre des possibilités de déambulation naturelle insoupçonnées.
À quelques foulées seulement des arènes de Dax, sur la rive gauche du fleuve en direction de l'amont, les 13 hectares de l'étang de l'Estey constituent une véritable empreinte de nature en pleine zone urbanisée. Même constat du côté du Parc du Sarrat, avec son exceptionnel jardin botanique et la maison de l'architecte René Guichemerre, témoignage vivant de l'harmonie entre architecture et végétation.
Les barthes de l'Adour : un réservoir de biodiversité
S'écarter légèrement du cœur de Dax permet de comprendre ce qui façonne véritablement le paysage de l'agglomération. Dans les milliers d'hectares des barthes de l'Adour, l'eau et la terre se disputent toute l'année les mêmes parcelles. Ces plaines, qui accueillent les crues hivernales, représentent un réservoir de biodiversité incontestable où oiseaux et chevaux s'épanouissent librement.
Au départ du pont de Rivière-Saas-et-Gourby, un chemin sinueux permet d'observer ces contrastes saisissants entre le lit du fleuve et ses zones humides. À Saint-Paul-lès-Dax, une promenade relie le lac de Christus à l'étang d'Abesse le long du ruisseau de Poustagnacq, illustrant le lien intime entre eaux et végétation.
Mées : un voyage dans le temps géologique
À Mées, l'histoire fascinante des zones humides est expliquée le long d'un sentier sur pilotis implanté dans les tourbières de l'Estanque. Ce même passé géologique du Grand Dax se révèle au sud, dans la carrière de Tercis-les-Bains, où les sédiments ont conservé les traces de la vie durant la période du Crétacé.
Des nautiles, des moules et huîtres géantes, des ammonites ou encore des oursins font partie du millier de fossiles recensés sur ce site au relief lunaire, véritable musée à ciel ouvert qui raconte l'époque où la mer recouvrait la région.
Bénesse-lès-Dax : un panorama sur les Pyrénées
À Bénesse-lès-Dax, c'est une approche visuelle spectaculaire de la chaîne des Pyrénées qui s'offre aux promeneurs. En gravissant la colline jusqu'au moulin à vent restauré par l'association des Ailes bénessoises, on atteint le point culminant à 97 mètres d'altitude.
Depuis ce sommet landais, le regard embrasse des étendues bien moins planes que ne le suggère l'imaginaire collectif sur les Landes. Le panorama sur les montagnes pyrénéennes récompense amplement l'effort de l'ascension.
Retour vers Dax : étangs et traditions
En revenant vers le centre-ville de Dax, une halte s'impose aux gravières de la Torte, succession de petits étangs prisés des pêcheurs. Les amateurs de boules, quant à eux, se donnent rendez-vous à Buglose, près de l'étang de la Glacière dont le nom évoque les traditions locales.
Ces découvertes prouvent que même en période de restrictions sanitaires sévères, la nature landaise continue d'offrir ses trésors à qui sait les chercher. Les sentiers vers l'inconnu dont parlait Thoreau existent parfois à quelques pas de chez soi, attendant simplement d'être redécouverts.



