Le port Sud de France dévoile une feuille de route ambitieuse pour 2030
Le port Sud de France, situé à Sète dans l'Hérault, a présenté cette semaine son plan stratégique de développement pour la période 2026-2030. Sous gouvernance de la Région Occitanie, cette infrastructure portuaire, actuellement septième port français en termes de volume, affiche des ambitions de croissance soutenue avec des investissements massifs et des créations d'emplois à la clé.
Objectifs économiques et emplois : une vision ambitieuse
Les représentants du port, le président Philippe Malagola et le directeur général Olivier Carmes, ont détaillé leurs objectifs lors d'une présentation à la Maison de la Mer de Sète. Avec onze années consécutives de croissance, le port vise désormais à gagner une place dans le classement national d'ici 2030. La signature du renouvellement du contrat de gestion avec la Région Occitanie jusqu'en 2040 constitue une « marque de confiance » pour cette infrastructure qui aspire à devenir « un port de référence en Méditerranée ».
Le plan prévoit la création de 200 emplois directs supplémentaires, portant le total à 2 500 emplois directs (contre 2 300 actuellement, dont 100 pour le Port Sud de France) et 1 500 emplois indirects. Ces créations concerneront principalement la manutention portuaire, les entreprises industrielles en développement et les services. L'impact socio-économique global du port sur le territoire devrait bondir de 700 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2030, atteignant ainsi 1,7 milliard d'euros.
Leviers de développement : commerce et réindustrialisation verte
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs leviers seront actionnés. Le commerce, principal moteur, devrait être porté à 7 millions de tonnes (la barre des 6 millions ayant été franchie en 2026). Les investissements sur l'outil portuaire lui-même, estimés à 250 millions d'euros d'ici 2030, généreront une activité économique via une « réindustrialisation verte ». Cela inclut l'optimisation et l'électrification des quais, le doublement de 10 à 20 % du transport multimodal ferroviaire et fluvial, ainsi que la production d'électricité photovoltaïque.
Les axes de développement économique s'appuieront sur des acteurs clés comme GCA, importateur de véhicules neufs, qui pourrait doubler ses volumes avec 50 000 voitures supplémentaires. Le développement de lignes d'import de conteneurs via MSC et la consolidation de la filière fruits et légumes avec Primever sont également prioritaires. De nouveaux arrivages d'Afrique du Sud sont prévus dès avril, tandis que les liaisons avec l'Amérique latine restent limitées en termes de « transit time ».
Investissements massifs et projets d'infrastructure
Le niveau des investissements ne va pas ralentir, avec 250 millions d'euros planifiés par la Région, 200 millions par Port Sud de France et 450 millions par les industriels (Saipol, Cem'In'Log, DFDS, etc.), soit un total de 900 millions d'euros engagés depuis 2008. Parmi les projets phares, la réalisation du quai I1, livré en 2029 pour un coût de 52 millions d'euros, est cruciale car le quai H est déjà saturé. Ce dernier avait déjà permis la création de 200 emplois.
Autre projet majeur, la Zifmar II, avec trois casiers de 33 hectares au total pris sur la mer côté Frontignan. Le premier casier de 11 hectares sera dédié à l'éolien offshore pour 2030 (démarrage en 2027), tandis qu'un dernier casier sera consolidé d'ici 2040 grâce aux sédiments de dragage du canal du Rhône à Sète. Le réaménagement de la base arrière de Brocéliandre à Frontignan attend la validation du Scot pour implanter des véhicules en hauteur.
Développement sectoriel et défis à relever
Pour le trafic passagers ferry, le port vise à maintenir la barre des 300 000 passagers, notamment grâce à la destination Maroc boostée par GNV (160 000 passagers aujourd'hui). Les chiffres 2025, avec 320 000 personnes transitant à Sète, ont déjà dépassé l'objectif. Cependant, une prudence est de mise concernant l'Algérie en raison des relations Algérie-France, où il pourrait y avoir moins d'escales. Le marché est très disputé entre le leader italien GNV et le pavillon français Corsica Linea en difficulté.
La zone halieutique de Frontignan constitue un enjeu stratégique, avec un projet de mise à l'abri des huîtres en cas de crise sanitaire pour les cinq prochaines années. Le port prévoit de geler 1,5 hectare pour accueillir des lieux de stockage protégés. Le budget de la prise d'eau est estimé à 5 millions d'euros, et le CRCM étudie l'intérêt des conchyliculteurs pour rechercher des financements.
En résumé, le plan stratégique du port de Sète combine ambition économique, investissements verts et développement territorial, positionnant cette infrastructure comme un acteur majeur de la Méditerranée pour les années à venir.



