Pastoralisme en Occitanie : le berger Guillaume Constant plaide pour un décalage des transhumances
Pastoralisme en Occitanie : décaler les transhumances face au climat

Pastoralisme en Occitanie : l'urgence d'adapter les transhumances au changement climatique

Le pastoralisme, qui a valu aux Causses et aux Cévennes leur classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, est aujourd'hui confronté à des défis majeurs liés au réchauffement climatique. Alors qu'un séminaire scientifique intitulé "Pastoralismes : regards croisés pour l'avenir" se tient à Montpellier du 24 au 26 mars 2026, le berger Guillaume Constant, salarié sur la montagne du Bougès en Lozère depuis quinze ans, lance un appel à l'adaptation des pratiques.

Un constat alarmant sur l'évolution de la végétation

Guillaume Constant, qui gère un troupeau de brebis transhumantes pour un groupement pastoral, observe des changements profonds dans le cycle de l'herbe. Les hivers doux et pluvieux des dernières années ont entraîné un démarrage précoce de la végétation, offrant des ressources abondantes au début de l'estive. Cependant, cette apparente abondance est trompeuse : les fortes chaleurs estivales et le manque de pluie provoquent un dépérissement rapide des graminées, qui sèchent sur pied et perdent leur valeur nutritive.

Cette situation a des conséquences directes sur l'état corporel des brebis, notamment celles en gestation. Le décalage de la pousse de l'herbe entre les vallées et les montagnes, autrefois marqué, s'est estompé, rendant les transhumances traditionnelles moins efficaces. De plus, certaines sources tarissent ou voient leur débit baisser fortement, compliquant l'abreuvement des troupeaux.

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Des solutions basées sur la diversité végétale et l'adaptation

Face à ces bouleversements, Guillaume Constant propose des pistes concrètes. Il souligne que les brebis de races rustiques, élevées dans un système pastoral, sont capables de pâturer une grande variété de plantes autres que les graminées :

  • Genêts et arbustes divers
  • Feuilles d'arbres et bruyère
  • Fruits comme les glands et les châtaignes

Cette diversité végétale constitue une variable d'ajustement cruciale pour nourrir les troupeaux de façon équilibrée en fin d'estive. Cependant, elle ne suffit pas à couvrir les besoins des jeunes brebis en croissance ou des brebis gestantes, d'où la nécessité de repenser les calendriers pastoraux.

Plaidoyer pour un décalage des dates de transhumance

Le berger plaide pour une modification profonde des pratiques : il faudrait commencer l'estive un mois plus tôt et la terminer en fonction de l'état de la végétation et des conditions météorologiques. Cette adaptation permettrait de suivre au plus près le cycle de l'herbe, aujourd'hui perturbé par le changement climatique. Guillaume Constant propose également d'agrandir les surfaces pâturées pour offrir plus de ressources aux animaux.

Ces réflexions s'inscrivent dans le cadre de l'année internationale du pastoralisme, marquée par des événements comme le séminaire de Montpellier organisé par l'UMT Pastoralisme et l'Entente Interdépartementale des Causses et Cévennes. L'enjeu est de taille : préserver un patrimoine culturel et naturel tout en assurant la viabilité économique de l'élevage ovin en Occitanie.

Le message de Guillaume Constant est clair : face à un changement climatique dont nous sommes responsables, c'est à nous d'adapter nos pratiques. L'avenir du pastoralisme dans la région dépend de notre capacité à innover et à respecter les rythmes de la nature, même lorsqu'ils sont bouleversés.

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