Nouvelle-Aquitaine : le prêt de 19 millions à Lecta, une leçon coûteuse pour la région
Nouvelle-Aquitaine : le prêt de 19 millions à Lecta, une leçon coûteuse

Nouvelle-Aquitaine : le prêt de 19 millions à Lecta, une leçon coûteuse pour la région

Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, ne se fait aucune illusion. « J’espère qu’on en reverra au moins une toute petite partie », déclare-t-il, mais il sait pertinemment que l’argent avancé au groupe international Lecta ne sera jamais récupéré. En février 2020, l’ancien propriétaire des papeteries de Condat, situées au Lardin-Saint-Lazare en Dordogne, avait obtenu un prêt de 19 millions d’euros à taux 0 pour moderniser une ligne de production. Six ans plus tard, il reste encore 5,9 millions d’euros à rembourser, une somme qui semble désormais perdue.

Une gestion critiquée et des erreurs stratégiques

Le président du Conseil régional ne mâche pas ses mots envers Lecta. « Cela montre que dans le débat entre subvention et prêt, le prêt n’est pas forcément la solution la plus sûre », explique-t-il. Il reproche au groupe des erreurs de gestion, notamment une stratégie hasardeuse centrée sur le marché de la glassine, utilisée pour les étiquettes auto-adhésives, qui ne s’est pas développée comme prévu. « Lecta a mis en concurrence ses propres usines. Ce n’était pas un bon signe », ajoute Alain Rousset, soulignant les dysfonctionnements internes qui ont contribué à cette situation.

Reprise par SPB : un plan social drastique et des promesses d’emploi

Le lundi 2 mars, le tribunal de commerce spécialisé de Bordeaux a tranché en faveur de la société de participation de la Braye (SPB) pour reprendre le site des papeteries. Ce groupe porte un projet de reconversion industrielle ambitieux, mais il s’accompagne d’un plan social sévère : sur les 200 emplois actuels, seules 21 personnes devraient conserver leur poste. Alain Rousset, bien que sceptique, adopte une posture pragmatique. « Pour l’instant, nous n’avons jamais rencontré les représentants de SPB, mais il y a eu des discussions », contextualise-t-il.

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Si l’objectif annoncé de créer plusieurs centaines d’emplois au Lardin d’ici 2028 lui paraît « irréaliste », le président socialiste souhaite néanmoins laisser sa chance à une politique de réindustrialisation. Échaudé par l’expérience malheureuse avec Lecta, il tente de pérenniser l’emploi dans ce bassin de vie avec les moyens disponibles. « Nous souhaitons la mise en place d’une clause de retour à meilleure fortune sociale d’ici cinq ans », insiste l’élu.

Une clause contraignante pour l’avenir

Concrètement, cette clause signifie que SPB s’engage à embaucher au moins 200 personnes sur le site d’ici 2031. « Sous peine d’amende, en fonction du nombre d’emplois qui ne seraient pas créés », précise Alain Rousset. Cette mesure vise à garantir que la reprise industrielle ne se limite pas à des promesses vaines, mais se traduise par des créations d’emplois tangibles. La Région Nouvelle-Aquitaine, après la déconvenue du prêt à Lecta, entend ainsi sécuriser l’avenir économique de la Dordogne tout en tirant les leçons du passé.

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