Municipales : les angles morts des infrastructures dénoncés par la FRTP Nouvelle-Aquitaine
Municipales : les angles morts des infrastructures en Nouvelle-Aquitaine

Municipales : les angles morts des infrastructures dénoncés par la FRTP Nouvelle-Aquitaine

Christian Surget, président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Nouvelle-Aquitaine, déplore les angles morts dans la campagne des municipales concernant les infrastructures essentielles. Routes, ponts, eau, réseaux d'électricité, de gaz, télécommunications et voies ferrées sont pourtant au cœur de nos modes de vie. Ces sujets, au croisement des thèmes de campagne, nécessitent une planification à long terme souvent absente des débats.

Une vision fragmentée des transports

La qualité de vie au travail et la mobilité sont insuffisamment abordées, selon Christian Surget. Les embouteillages ne se limitent plus à l'agglomération bordelaise et touchent toute la région. Il critique le « saupoudrage » français en matière de transports : « On court plusieurs lièvres à la fois, un petit bout de transports en commun ici, un petit bout de train là – la route, elle, n’est plus à la mode. » Il appelle à une vision globale sur vingt ans, absente des discussions municipales.

Les travaux publics, acteurs responsables

Face à l'accusation de défendre sa paroisse, Christian Surget rétorque : « Les travaux publics ne sont pas des prédateurs qui chassent l’argent public, mais des entreprises responsables qui construisent ce que les élus décident pour le citoyen. » Il dénonce l'absence de fil directeur et la concurrence entre collectivités. Les modes, comme le vélo, ne répondent pas aux besoins du périurbain et des zones rurales, où 87,5 % des déplacements restent à gérer.

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Urgence sécuritaire et investissements

Christian Surget alerte sur l'état des infrastructures : « Dans la région, 24 % des ponts posent des problèmes de sécurité. Ne rien faire aujourd’hui, c’est multiplier le coût par dix demain. » Il cite l'exemple de la Gironde, où aucune activité d'entretien ou de construction de routes n'est prévue pour 2026, malgré une dégradation rapide. Le manque d'investissement crée un « mur » financier pour l'avenir.

Risques climatiques et enjeux économiques

Les infrastructures hydrauliques sont un angle mort majeur. Les crues récentes révèlent les risques d'inondation : 93 % des habitants des Pyrénées-Atlantiques vivent dans des communes exposées, 74 % en Gironde, 49 % en Charente-Maritime. Le dérèglement climatique exige une adaptation urgente. La gestion de l'eau, incluant le traitement des polluants éternels et des eaux pluviales, impacte des secteurs comme l'ostréiculture à Arcachon ou le tourisme sur la Côte basque.

Le cas de la ligne Bordeaux-Toulouse/Dax

Christian Surget défend la construction de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse/Dax, essentielle pour la grande vitesse et les trains du quotidien. Face aux incertitudes sur l'engagement de l'État, il évoque des partenariats public-privé, inspirés du modèle du Grand Paris : « Le cadre a changé : regardez ce qui a été réalisé avec le Grand Paris, cela profite à tous. » Il plaide pour un dialogue sans dogmatisme, dans l'intérêt collectif.

En conclusion, Christian Surget appelle à ouvrir les yeux sur l'essentiel : « Nous sommes à l’heure des choix. Ouvrons les yeux, regardons ce qui est important et oublions le superflu. De toute façon nous ne pouvons plus nous l’offrir. » La FRTP Nouvelle-Aquitaine, représentant 900 entreprises et 30 000 salariés, souligne ainsi l'urgence d'une réflexion stratégique pour les infrastructures régionales.

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