Un combat pour la sécurité des habitants face aux crues
Depuis maintenant un an, Benoit de Grieve et l'association Aquaterra Aquitaine mènent une lutte acharnée pour la reconnaissance des digues sur le territoire du Grand Cubzaguais. Cette bataille s'inscrit dans un contexte où les crues récentes rappellent cruellement l'importance de ces ouvrages de protection.
Les revendications d'Aquaterra Aquitaine
Quelles sont les exigences de l'association en matière de protection contre les inondations ? La réponse est claire : le maintien du système de digues existant. Cette position fait suite à la décision prise par la Communauté de communes du Grand Cubzaguais en juin 2023 de ne pas reconnaître juridiquement ces digues dans le cadre de la loi Gemapi.
« Nous avons étudié les expertises sur lesquelles cette décision se base », explique Benoit de Grieve. « Les élus communautaires ont estimé que c'était un système trop coûteux à entretenir. » Les chiffres sont éloquents : 23 millions d'euros d'investissement pour 24 kilomètres de digues au total, avec 300 000 euros annuels de gestion et d'entretien.
Pourtant, l'association insiste : « Si nous sommes contre cette décision, nous ne voulons pas travailler contre la collectivité mais avec elle, pour maintenir, protéger les digues et donc les habitants. »
Les conséquences alarmantes de cette décision
Quels sont les impacts concrets de la non-reconnaissance des digues ? L'absence de classement juridique équivaut à renoncer à leur fonction préventive. Sans protection légale, ces ouvrages pourraient être détruits, bien que sur ce point précis règne un certain flou.
Les implications sont graves :
- Les débordements partiels qui se produisaient régulièrement pourraient devenir plus fréquents
- L'intensité des inondations pourrait augmenter significativement
- La sécurité des habitants serait directement menacée
« Les crues actuelles sur le territoire l'illustrent bien », souligne Benoit de Grieve, rappelant que ces phénomènes naturels ne sont pas des hypothèses lointaines mais une réalité tangible.
La stratégie pour faire reconnaître les digues
Comment l'association compte-t-elle obtenir gain de cause ? La démarche est double :
- Saisir le préfet pour qu'il accorde un nouveau vote sur le sujet au sein du conseil communautaire
- Demander l'organisation d'une table ronde réunissant élus et représentants des populations protégées
« Nous lui avons envoyé une lettre, il y a plusieurs mois, avec nos revendications et pour solliciter un rendez-vous », précise Benoit de Grieve. « Il n'a toujours pas donné de réponse. » Cette absence de réaction ajoute une dimension supplémentaire à ce combat déjà complexe.
Le dossier des digues du Grand Cubzaguais dépasse ainsi la simple question technique pour toucher à des enjeux fondamentaux de sécurité publique, de responsabilité politique et de protection environnementale. Alors que les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient, la question de la préservation de ces ouvrages de défense contre les crues apparaît plus cruciale que jamais.



