Mimizan : des bénévoles et scientifiques unis pour surveiller l'érosion côtière avec SeaClic
Mimizan : bénévoles et scientifiques contre l'érosion côtière

Mimizan : des citoyens engagés aux côtés des scientifiques pour protéger le littoral

À Mimizan, un groupe de bénévoles s'engage activement dans le suivi du littoral, en collaboration étroite avec des scientifiques, en prenant régulièrement des photos sur des points fixes. Ce dispositif innovant vient renforcer celui de CoastSnap Aquitaine, avec l'arrivée de Surfrider Foundation Europe dans le projet. Mercredi 25 février, sous un rare soleil d'hiver, l'Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine (OCNA), Surfrider Foundation Europe et des volontaires se sont réunis devant la plage Nord de Mimizan pour présenter le nouveau projet SeaClic.

Un outil de science participative pour anticiper les risques côtiers

SeaClic vise à rassembler des citoyens et à les faire participer à la gestion et au suivi du littoral de Mimizan, ville pilote, aux côtés des chercheurs. Cette initiative s'inscrit dans la continuité du dispositif CoastSnap Aquitaine. Lancé en 2017 et présent dans plus de 20 pays, CoastSnap est un outil de science participative permettant aux scientifiques de comprendre et d'anticiper les évolutions des littoraux grâce à la contribution des citoyens. Les passants sont invités à prendre une photo avec leur téléphone, en le plaquant sur un support jaune, puis à l'envoyer aux scientifiques via différents canaux : par e-mail, sur l'application CoastSnap ou sur le site Internet dédié.

L'Observatoire de la côte de la Nouvelle-Aquitaine a décidé de tester ce dispositif en 2022, car les littoraux de la région sont particulièrement touchés par des phénomènes d'érosion côtière et de submersion marine. Quatre ans plus tard, la région en compte huit points de surveillance, de l'île d'Oléron jusqu'à Saint-Jean-de-Luz.

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Des données régulières grâce à l'engagement bénévole

"Pour avoir une observation complète, il nous faut des données régulières, mais on avait certaines périodes de creux", explique Antoine Deburghgraeve, ingénieur en risques côtiers à l'OCNA. C'est pourquoi SeaClic a vu le jour. Surfrider s'est associé au projet pour constituer et animer un groupe de citoyens bénévoles chargés de prendre des photos à des moments clés. Aujourd'hui, 20 personnes se sont jointes au projet.

Au lendemain des tempêtes Nils et Pedro, les résultats sont déjà visibles. "Lors des tempêtes, on a besoin de photos avant, pendant et après. Grâce aux bénévoles, toutes les photos ont été prises. Avant, c'était plus aléatoire", détaille l'ingénieur. Si la tempête a provoqué beaucoup de dégâts, Antoine Deburghgraeve l'a vue "comme une chance pour tester le projet", résume-t-il avec humour.

Le sentiment d'utilité, moteur de l'engagement

Adeline Adam, coordinatrice de l'aménagement du littoral pour Surfrider, souligne que pour les bénévoles, "savoir à quoi sert le projet, c'est clairement un facteur d'engagement". Les volontaires présents acquiescent, le sentiment d'utilité étant leur principale motivation.

Jeanne Collineau, 27 ans, diplômée d'un Master en sciences environnementales, est sensibilisée au phénomène des érosions côtières. Elle envoie une photo au minimum une fois par semaine, voire tous les jours. Didier Julian, 65 ans, profite de sa retraite pour aller surfer et prendre des photos pour SeaClic. "Quand je pars surfer, j'y vais à vélo, je passe devant et je m'arrête automatiquement", confie-t-il.

Une côte aquitaine sévèrement touchée par l'érosion

L'érosion maritime est un sujet qui inquiète les citoyens observateurs. Depuis plusieurs années, le paysage landais est touché par ce phénomène. Selon l'OCNA, la côte aquitaine, notamment dans les départements des Landes, de la Gironde et des Pyrénées-Atlantiques, est la plus sévèrement touchée en France, avec plus de 25 % de son littoral en déclin.

Laurence Chaurey, habitante de Gaas et originaire de Mimizan, témoigne de ces changements. "J'étais scolarisée à Mimizan, je vois l'évolution. Ça me choque, même si cela reste moins impressionnant que d'autres villes comme Biscarrosse". Ces citoyens, très impliqués, passent le mot à leur entourage. "Je suis enseignante, tous mes élèves sont au courant et ils participent", souligne Laurence Chaurey.

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Améliorer l'accessibilité et animer la communauté

Démarcher était la première étape de Surfrider dans ce projet. Pendant un mois, Adeline Adam et d'autres bénévoles se sont rendus sur l'esplanade de la plage Nord de Mimizan pour interroger les passants sur l'utilité de la borne et leur contribution. Si les gens valident l'idée, ils expliquent que l'utilisation de la borne est difficile. "Ce n'est pas très intuitif. Nous allons ajouter un panneau pédagogique", partage la salariée de Surfrider. Dans plusieurs mois, il sera installé à côté de la borne.

Une fois le groupe créé, il faut maintenant l'animer. WhatsApp est devenu le nouveau lieu d'échange, permettant aux membres de discuter et d'envoyer des photos. Une photo de la plage nord de Mimizan dans les années 1970 a même suscité la curiosité d'Antoine Deburghgraeve : "Tu peux me l'envoyer ? C'est super intéressant d'avoir des archives comme cela. Cela enrichit notre travail".

Cette rencontre du 25 février était la première entre scientifiques et citoyens, aboutissant à l'idée d'organiser une soirée d'échange entre ces deux groupes pour renforcer leur collaboration.