Une étape décisive pour la bretelle de l'A9 à Mèze
Le projet de réouverture d'une bretelle sur l'autoroute A9 au nord de Mèze vient de franchir une étape significative. Lors de sa dernière session, le conseil de l'Agglomération de Sète a officiellement validé la création d'une entente intercommunale. Cette structure vise à donner plus de poids et de cohérence au dossier, qui traîne depuis des décennies.
Une solution face à l'explosion du trafic
La nécessité de cette bretelle n'est plus à démontrer. 26 000 véhicules traversent quotidiennement le village de Mèze, dont plus de 1 200 poids lourds. Ce flux important est notamment généré par les automobilistes souhaitant rejoindre l'A75, le péage de Poussan ou des destinations plus lointaines. La réactivation de cette sortie, construite dans les années 1970 mais jamais ouverte, permettrait de dévier une partie substantielle de ce trafic du centre-ville.
Une entente pour centraliser les efforts et le financement
La municipalité de Mèze, bien qu'en contact avec la direction de Vinci, le gestionnaire de l'autoroute, ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour mener à bien les études préliminaires exigées par l'ancien préfet de l'Hérault. "Il a donc été décidé de créer une entente intercommunale, pilotée par l'Agglo, pour porter l'ensemble de la procédure", explique-t-on.
Thierry Baëza, maire de Mèze et vice-président de l'Agglo, détaille les objectifs de cette nouvelle structure :
- Organiser et formaliser un espace de dialogue entre les parties prenantes.
- Financer et piloter les études techniques et environnementales préalables.
- Disposer d'un cadre juridique solide pour solliciter des financements externes (État, Région, Europe).
- Assurer une visibilité et une unité dans toutes les démarches administratives.
Un revirement historique
La position de la commune a radicalement changé depuis les années 1970. À l'époque, le maire de l'ère avait refusé l'ouverture de cette bretelle, avec un slogan sans équivoque : "Allez bronzer en Espagne et laissez-nous tranquilles à Mèze". Thierry Baëza rappelle cet épisode, soulignant combien la donne a évolué avec l'explosion démographique et routière.
Un enjeu de sécurité et d'aménagement du territoire
Au-delà de la fluidification du trafic, ce projet présente un intérêt majeur pour la sécurité. Il offrirait une échappatoire sur un tronçon de l'A9 long de 25 kilomètres actuellement dépourvu de sortie. En cas d'accident grave ou d'inondations, comme celles récemment survenues près de Bessan, une déviation serait possible, évitant des blocages complets.
Ce futur équipement est d'ores et déjà inscrit dans deux documents d'urbanisme majeurs : le Schéma de cohérence territoriale (Scot) de l'Agglo et le Plan local d'urbanisme (PLU) de Mèze, ce qui en consolide la légitimité.
Un calendrier encore long
Malgré cette avancée institutionnelle, la patience reste de mise. Le dossier devra attendre la fin des prochaines élections et la formation d'un nouvel exécutif au sein de l'Agglomération pour véritablement redémarrer. Les études, les demandes de financement et les procédures administratives laissent présager un horizon de réalisation de plusieurs années, si le projet parvient à son terme. La création de cette entente intercommunale représente néanmoins un signal fort et une méthode structurée pour mener à bien ce chantier complexe et attendu par de nombreux usagers de la route.



