Alors que les élections municipales des 15 et 22 mars approchent à grands pas, un constat s'impose : les candidats parlent très peu de projets ou d'ambitions culturelles. Pourtant, l'intrication entre le monde de la culture et les collectivités territoriales est extrêmement forte, voire vitale pour le secteur.
Un financement local prépondérant
Aurélie Hannedouche, directrice du Syndicat des musiques actuelles, rappelle un chiffre éloquent : « En France, 95 % des murs des 100 scènes de musiques actuelles appartiennent à des villes ou à un regroupement de communes. » Elle cite en exemple Le Cargö à Caen ou La Cartonnerie à Reims. Les villes ou les intercommunalités ne se contentent pas de fournir les lieux ; elles financent également plus de la moitié du budget de ces salles de concert, soit précisément 55 %.
Le bloc local, centre de gravité culturel
Vincent Guillon, codirecteur de l'Observatoire des politiques culturelles (OPC) et professeur associé à Sciences Po Grenoble, décrypte cette réalité : le « bloc local », c'est-à-dire les communes de plus de 50 000 habitants et les intercommunalités, constitue « le centre de gravité des politiques culturelles ». Il y contribue pour près de 9 milliards d'euros. « C'est deux fois plus que l'apport de l'État aux festivals, au spectacle vivant, au cinéma, à la musique, au livre ou aux arts », souligne-t-il.
Des contraintes financières accrues
Or, ce financement local essentiel est soumis à de lourdes contraintes depuis 2024. Ces pressions budgétaires risquent de fragiliser encore davantage un secteur culturel déjà en tension, alors même que son rôle dans l'attractivité des territoires et la vie sociale est unanimement reconnu. L'absence de débat sur ces enjeux lors de la campagne municipale interroge sur la place accordée à la culture dans les priorités des futurs élus locaux.
La culture, souvent perçue comme un secteur secondaire, repose en réalité sur un pilier local incontournable. Les prochains maires et présidents d'intercommunalité auront la responsabilité de préserver et de dynamiser ce maillon essentiel de la vie collective, malgré un contexte financier de plus en plus complexe.



