Métropole de Bordeaux : les négociations s'intensifient avant l'installation de la nouvelle majorité
Bordeaux : négociations intenses avant l'installation de la nouvelle majorité

Métropole de Bordeaux : les négociations s'intensifient avant l'installation de la nouvelle majorité

À une semaine de l'installation officielle de la nouvelle majorité métropolitaine autour du futur président Thomas Cazenave, les négociations vont bon train et le suspense reste entier. La question centrale demeure : à quoi ressemblera la nouvelle gouvernance de la Métropole bordelaise ? « On est en plein dedans, là, on en saura plus dans quelques jours », prévient prudemment un acteur des négociations. Un autre badine avec humour : « Je ne dirai rien, même sous la torture ! »

Préparation d'un agenda métropolitain ambitieux

Thomas Cazenave, tout en multipliant ses déplacements sur le terrain pour incarner sa promesse d'un début de mandat municipal « sans temps mort », entre sécurité et lumière rallumée, prépare activement son agenda métropolitain. En renversant la majorité écologiste bordelaise, il a également rendu l'Agglomération à la droite. Le nouveau maire de Bordeaux deviendra ainsi le nouveau président de l'intercommunalité aux 28 communes et aux plus de 2 milliards d'euros de budget.

La séance inaugurale de cette mandature est fixée au vendredi 24 avril prochain. Mercredi après-midi, Thomas Cazenave s'est entretenu avec Christine Bost, la présidente sortante. Il a aussi reçu Christophe Duprat, le maire de Saint-Aubin, et Emmanuel Sallaberry, celui de Talence, respectivement donnés comme 1er vice-président chargé des transports et deuxième vice-président aux finances. Le maire de Pessac, Franck Raynal, serait numéro 3, en charge des coopérations territoriales.

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Une équipe exécutive renforcée

Trois hommes forts du centre-droit, confortablement réélus, comme leurs homologues Michel Poignonec (Villenave) ou Michel Labardin (Gradignan), devraient également occuper des positions importantes dans le nouvel exécutif. Le précédent exécutif comptait 20 vice-présidences, pour 104 élus. « Ce n'est pas tant le casting qui compte que le virage qu'on veut donner à la Métropole », souffle un élu, qui jure que tout le monde est bien aligné derrière le maire de Bordeaux, loin des tensions qui ont animé le mandat de la majorité Verts-PS.

On attend de voir quelle sera la place accordée aux nouveaux maires, auteurs de bascules inattendues – Christian Bagate à Bègles, Éric Poulliat au Haillan, David Poulain à Ambarès ou Yohann Giacometti à Carbon-Blanc. Emmanuel Sallaberry, le maire de Talence, a été particulièrement actif lors du second tour victorieux de Thomas Cazenave.

Un leadership reconnu

« Ce n'est pas un macroniste pur jus, c'est un gaulliste social, quelqu'un de qualité, en capacité de gérer », avait même adoubé Patrick Bobet, le maire du Bouscat, ex-grand argentier de la Métropole et président de 2019-2020. Ce passage de témoin est significatif : Bobet ne se représentait pas. Longtemps, les piliers de la droite métropolitaine ont semblé préférer Nathalie Delattre dans la bataille pour le leadership bordelais. « Cazenave, ça leur rappelle l'époque Juppé, l'énarque qui va vite », commente un observateur.

Vers une cogestion avec la gauche ?

Thomas Cazenave aurait proposé « deux » vice-présidences à la gauche, dans le cadre d'un « pacte de gouvernance » inspiré de la cogestion à laquelle la majorité PS-Vert a mis fin en 2020. Les discussions sont encore en cours au sein de la nouvelle opposition, autour de la future ex-présidente et maire d'Eysines, Christine Bost – à qui certains prêtent désormais un destin sénatorial en septembre –, du maire de Mérignac, Thierry Trijoulet, ou de celle de Blanquefort, Véronique Ferreira. Ces hypothèses restent pour l'instant de pures conjectures.

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Un projet métropolitain en gestation

En attendant, la nouvelle majorité prépare son « projet » égrené durant la campagne : plan de désendettement (non-remplacement des départs à la retraite, « audit des subventions », etc.), tram « fiabilisé », nouvelle ligne Cenon-Cité du Vin via le pont Chaban, nouveau pont sur la Garonne, etc. La fin du projet de téléphérique devrait être rapidement actée, mais l'avenir du projet de métro – pour lequel Cazenave semblait moins enthousiaste que Sallaberry – et la gestion du stade Atlantique, aujourd'hui géré en régie, restent incertains.

Et quelle sera la marque du nouveau président ? « S'il veut avoir l'étoffe patron, rassembler tout le monde, montrer de la hauteur, il doit prendre un peu de distance » avec ses voisins, conseille un conseiller métropolitain de gauche. « C'est maintenant qu'on va voir ce qu'il a dans le ventre. »