Bally Bagayoko élu président de Plaine commune, une victoire pour La France insoumise
Bagayoko élu président de Plaine commune, victoire insoumise

Bally Bagayoko s'impose à la présidence de Plaine commune

Le nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a remporté une victoire significative en étant élu, mardi soir, à la présidence de l'établissement public territorial Plaine commune. Cette élection s'est déroulée face au candidat socialiste Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, dans un contexte de tensions politiques marquées.

Un scrutin serré dans une ambiance électrique

À l'issue d'un conseil territorial particulièrement tendu, les conseillers ont accordé leur confiance à Bally Bagayoko avec une majorité de 46 voix sur 79 suffrages exprimés. Cette victoire consolide la position du nouveau maire de Saint-Denis, la deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris, qui prend ainsi la tête d'une des principales intercommunalités de la région parisienne.

Plaine commune, créée il y a dix ans dans le périmètre de la métropole du Grand Paris, emploie plus de 2 200 agents pour servir les 460 000 habitants de son territoire. Bally Bagayoko succède au socialiste Mathieu Hanotin, l'ancien maire de Saint-Denis qu'il avait battu dès le premier tour des élections municipales.

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Une coalition de gauche se dessine

Dans son discours de candidature, Bally Bagayoko a souligné que sa candidature avait « reçu le soutien d'un nombre important » de maires ayant démontré « le courage d'assumer une ligne politique sans jamais trembler ». Cette affirmation s'est concrétisée par le ralliement, dès lundi soir, du nouveau maire d'Aubervilliers, Sofienne Karroumi, qui avait lui-même battu la sortante UDI grâce à l'union de la gauche.

Trois autres édiles avaient déjà affiché leur soutien dimanche :

  • Aly Diouara, le nouvel élu LFI de La Courneuve
  • Mohamed Gnabaly, le maire écologiste de L'Île-Saint-Denis
  • Azzedine Taïbi, le dirigeant communiste de Stains

Des ambitions politiques affirmées

Bally Bagayoko a annoncé que Plaine commune prendrait désormais des décisions « assez fermes en direction de l'État ». Il entend faire de cette intercommunalité « un outil politique mais dans l'intérêt des habitants du territoire », en priorisant notamment :

  1. Les questions liées à l'eau et aux services publics
  2. L'aménagement du territoire
  3. Le rejet d'une logique de divisions entre quartiers et villes

L'opposition socialiste exprime ses craintes

Karim Bouamrane, qui s'était porté candidat à la veille du vote, avait exprimé ses craintes quant à une possible instrumentalisation de Plaine commune par La France insoumise. Il redoutait notamment que Jean-Luc Mélenchon « préempte » cet outil pour en faire « une caisse de résonance » de sa candidature à la présidentielle de 2027.

Dans un discours fréquemment hué par les soutiens de son rival, le candidat socialiste a déclaré à Bally Bagayoko : « J'ai du respect pour votre combat politique, votre probité et ce que vous incarnez, mais je ne m'inscris pas dans la vision que votre organisation politique porte [...] pour préempter et cet outil, et cette élection ».

Cette élection marque ainsi un tournant dans la gouvernance territoriale de la région parisienne, avec l'arrivée d'une nouvelle majorité politique à la tête d'une intercommunalité stratégique.

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