Vidéoverbalisation : 530 zones et 519 communes en France
Vidéoverbalisation : 530 zones et 519 communes

La vidéoverbalisation, qui permet aux agents assermentés de sanctionner à distance les infractions routières, connaît une expansion notable en France. Selon les données recueillies par Coyote, 530 zones de vidéoverbalisation sont désormais actives dans 519 communes du territoire. Ce dispositif, qui s'appuie sur des caméras urbaines, a émis une part croissante des 12,9 millions de PV électroniques (PVe) en 2025, soit une hausse de 2,3 % par rapport à 2024.

Un maillage territorial de plus en plus dense

Stéphane Curtelin, directeur marketing et produit chez Coyote, précise que « nous avons relevé 530 zones de vidéoverbalisation à travers la France, dans 519 communes pour l'instant ». Il souligne que ces zones « s'imposent comme un levier central pour les municipalités, mais les automobilistes manquent souvent de lisibilité sur ce qui les entoure une fois au volant ». C'est pourquoi l'application Coyote a décidé d'informer ses utilisateurs avec une alerte dédiée, afin de « les aider à éviter la faute d'inattention ».

Le palmarès des concentrations les plus fortes place l'Île-de-France en tête, avec 163 communes équipées d'une ou plusieurs zones. La Seine-Saint-Denis détient un record régional avec 28 communes concernées. Suivent les Bouches-du-Rhône (27 communes) et le Nord (25 communes). Le dispositif maille désormais tout le pays, des grandes agglomérations comme Bordeaux, Marseille ou Lyon, jusqu'aux villes moyennes avec des déploiements récents ou massifs, à l'image de Rouen, Villeneuve-d'Ascq, Sélestat, ou encore Châteaudun qui compte 400 caméras.

Des PV en hausse dans plusieurs villes

Certaines municipalités jouent la transparence en publiant les chiffres des PV émis par vidéoverbalisation. Strasbourg, qui les diffuse sur son site Internet, a envoyé 7 062 PV en 2025, contre 4 777 en 2024, 6 939 en 2022 et 8 197 en 2023. Paris a émis 191 000 PV par vidéoverbalisation en 2023, contre 115 000 en 2019, selon Le Parisien en septembre 2024.

Ce phénomène concerne les infractions contrôlables à distance, telles que le non-respect des sas vélos ou des voies de bus. Selon Stéphane Curtelin, il « s'est encore amplifié depuis juin 2024 car une loi a été amendée pour l'élargissement du spectre des infractions, comme le franchissement du passage à niveau, de pont quand on n'a pas le gabarit autorisé, etc. »

Un phénomène de fond pour les communes

Le directeur marketing de Coyote note que « de nombreuses communes chaque jour y réfléchissent car ce sont elles qui décident de les mettre en place, ou pas ». Il conclut : « Il semble que ce soit un phénomène de fond ». Les automobilistes, eux, risquent de voir arriver des PV non anticipés, comme l'illustrent les exemples de double file ou d'utilisation de la voie réservée aux bus, désormais verbalisés à distance sans présence policière sur place.