Lors d'une réunion lundi soir avec la préfète de l'Hérault, les élus de la communauté de communes du Clermontais ont proposé de réorienter les fonds prévus pour une aire de stockage de poids lourds au Bosc vers le projet de demi-échangeur nord à Clermont, jugé plus utile. Chantal Mauchet a toutefois précisé que l'État ne financerait pas ce projet, et qu'un tel transfert nécessiterait une révision du contrat de projet État-Région.
Une rencontre pour renforcer les liens entre l'État et les collectivités
Chantal Mauchet, préfète de l'Hérault, accompagnée d'une importante délégation de fonctionnaires et de militaires (DDTM, ARS, Dreal, DGFIP, Gendarmerie), a rencontré les élus de la communauté de communes du Clermontais. Cette rencontre visait à « consolider nos liens entre l'État déconcentré, nos territoires et communautés de communes », selon Gérard Bessière, président de la Com com du Clermontais. Après une présentation détaillée du portrait de territoire (socio-économique, démographique, culturel et financier), les élus ont sollicité la représentante de l'État sur diverses thématiques, notamment la demande d'utilisation de ressources en eau pour irriguer les vignes à Fontès ou Cabrières, la simplification des démarches administratives à Mourèze et la sécurité intercommunale.
Le demi-échangeur nord : un projet prioritaire pour les élus
Jean-Marie Sabatier, premier adjoint de Clermont et 8e vice-président de la CCC, a rappelé l'importance du projet de demi-échangeur nord pour les mobilités. « Un sujet nous tient particulièrement à cœur : celui des mobilités ; dans le cadre du Serm, le PEM est lancé, porté par territoire 34. Mais ces mobilités sont aussi en lien avec le Système de bus à haut niveau de service pour lequel il faut refaire le pont du projet de demi-échangeur. Aujourd'hui, la Dir nous autorise à faire ce demi-échangeur. Mais pour cela il faut environ 10 M€. On se retrouve un peu bloqué », a-t-il expliqué. Le projet d'aire de poids lourds au Bosc, inscrit au plan État-Région, est rejeté par les élus, qui souhaitent rediriger ces fonds vers l'échangeur nord, « utile à tous ».
Frédéric Roig, président de l'association des maires de l'Hérault et président de la CCLL, a appuyé cette demande : « Au moment où on nous impose le Zan, ce projet de 4 ou 5 M€, pour stocker une quinzaine de camions, en pleine zone agricole, serait inutile. Au moment où l'on dit que l'argent est rare, la rationalité voudrait que l'on réponde à une nécessité : faire cet échangeur nord. »
L'État se positionne en facilitateur, pas en financeur
Chantal Mauchet a répondu avec prudence : « Faire une manip d'échange entre l'aire du Bosc et l'échangeur nord n'est pas si facile. L'aire de stockage correspond à des logiques d'itinéraires. Sur l'échangeur nord, la DIR a donné son accord, précisant que l'État n'engagerait pas de financement. Il ne faut pas espérer de financement, sauf à se dire que le contrat de projet État-Région, qui prévoyait le Bosc, ne se fait plus. » Une telle révision nécessiterait la signature du ministère, du préfet de région et de la présidente du conseil régional, un processus « un peu lourd », mais potentiellement réalisable l'an prochain. La préfète a néanmoins conclu : « Dans l'État actuel, je vois mal la réalisation de l'échangeur nord si l'État a déjà clairement affirmé qu'il ne mettrait pas de financement. »
Le déficit de financement reste important : près de 5 M€ séparent l'enveloppe prévue pour l'aire du Bosc des quelque 10 M€ nécessaires à l'échangeur nord, un écart qui devra être comblé pour que le projet aboutisse.