Corse : la colère monte face au prix du carburant, les pêcheurs bloquent les ports
En Corse, le prix des carburants, et particulièrement du gazole détaxé pour les pêcheurs, fixé autour de 1,30 €/L, soit environ 50 centimes de plus que sur le continent, attise une vive colère parmi les professionnels de la mer. Cette différence de tarif, jugée inéquitable, a déclenché un mouvement de protestation qui s'intensifie.
Un blocage des ports qui se prolonge
Le blocage des principaux ports de Corse, initié mardi matin par un jeune syndicat de défense des pêcheurs, se poursuivait ce mercredi, selon les informations de la préfecture. Celle-ci dénombre dans l'île sept navires à quai et trois autres en attente de débarquer, illustrant l'impact significatif de cette action sur le trafic maritime.
La préfecture a précisé qu'un bateau de croisière capable de transporter 6 800 passagers, attendu à 9h30 à Ajaccio, ne s'est pas présenté. De plus, un bateau gazier et un bateau bétonnier ont également annulé leur venue, soulignant les perturbations économiques engendrées par ce blocus.
Solidarité agricole et soutien syndical
Des agriculteurs, notamment du syndicat agricole Via Campagnola, affilié à la Confédération paysanne, pourraient se joindre au mouvement sur terre dès cet après-midi. Dans un communiqué, Via Campagnola a exprimé son soutien aux pêcheurs, affirmant : « Ils vivent de la mer, les agriculteurs vivent de la terre : nos métiers se ressemblent et leurs contraintes aussi ».
Le syndicat s'est dit prêt à se mobiliser aux côtés des pêcheurs s'ils n'obtiennent pas les garanties nécessaires pour une aide sur le prix du carburant, étendue aux agriculteurs et à tous les métiers fortement dépendants de ce poste de dépense.
Négociations au point mort et fermeté des pêcheurs
Joseph Sanna, porte-parole du syndicat pour la défense des pêcheurs en Corse, a déclaré mercredi : « On est resté toute la nuit et on restera sûrement même cette nuit car les négociations sont au point mort ». Il a ajouté avec détermination : « Tant qu'on n'est pas à un niveau équitable entre la Corse et le continent on ne bougera pas. Ce n'est que 50 centimes mais quand on fait le compte, à la fin c'est énorme ».
Cette fermeté contraste avec l'appel de la préfecture, qui a diffusé mardi soir un communiqué réclamant « la levée immédiate des blocages des emprises portuaires corses », arguant qu'ils portent un grave préjudice aux ménages et aux entreprises corses sans apporter de solution aux professionnels concernés.
La situation reste donc tendue en Corse, avec un mouvement de protestation qui pourrait s'élargir aux agriculteurs, amplifiant les revendications pour une réduction du prix du carburant, essentiel à l'économie locale. Les prochaines heures seront cruciales pour voir si des avancées dans les négociations permettront de désamorcer cette crise sociale et économique.



