Jean-Pierre Rambier quitte la mairie après 49 ans mais garde ses activités de promoteur et vigneron
Rambier quitte la mairie après 49 ans, reste promoteur et vigneron

Un demi-siècle de mandat municipal s'achève pour Jean-Pierre Rambier

Le mercredi 11 mars 2026, Jean-Pierre Rambier a présidé son dernier conseil municipal en tant que maire de Saint-Jean-de-Cuculles, dans l'Hérault. Après quarante-neuf années à la tête de cette commune, l'élu de 80 ans ne se représente pas aux prochaines élections municipales, mettant ainsi fin à une carrière politique exceptionnelle débutée en 1977.

Une élection "malgré lui" qui a duré huit mandats

"J'ai été élu malgré moi", confie Jean-Pierre Rambier avec un sourire. "Des jeunes du village avaient voulu faire une liste et ils m'avaient proposé d'être conseiller municipal. Je leur ai dit que je n'y tenais pas particulièrement mais que, s'ils voulaient, je pouvais être le onzième sur la liste... Je n'ai jamais voulu faire de politique."

De onzième position, il est finalement passé numéro un sur insistance de ses colistiers, endossant ainsi le rôle de maire. Une fonction qu'il a exercée pendant près d'un demi-siècle, parallèlement à ses activités professionnelles déjà bien établies.

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Le double parcours professionnel : promoteur immobilier et vigneron

Jean-Pierre Rambier affiche en effet une solide réussite dans deux domaines distincts. Promoteur immobilier depuis 1969, il a également développé une activité viticole héritée de son père. "J'ai commencé à cultiver les vignes avec mon père à l'âge de 10 ans mais à 20 ans, je me suis lancé dans l'immobilier", explique-t-il.

Le chef d'entreprise compte aujourd'hui une centaine d'employés répartis équitablement entre ces deux activités. Son entreprise de promotion immobilière est devenue incontournable dans le pic Saint-Loup, s'étendant dans l'Hérault, le Gard et jusqu'à Perpignan et Avignon.

Parallèlement, le domaine viticole du Haut-Lirou, repris au décès de son père, s'est développé avec son fils Pierre. Le domaine de Figaret, le mas du Notaire et d'autres exploitations témoignent de cette réussite, complétée par des activités d'œnotourisme, d'événementiel et de balades en 4x4 en Petite Camargue.

Une organisation rigoureuse pour concilier trois vies

Pour mener de front ses différentes responsabilités, Jean-Pierre Rambier a mis en place une organisation méticuleuse :

  • Lundi matin : au domaine viticole
  • Lundi après-midi : réunion des collaborateurs avec son fils
  • Mardi matin : à la mairie
  • Mardi après-midi : réception des entreprises
  • Mercredi matin : point avec son fils et des collaborateurs
  • Mercredi après-midi : garde de son petit-fils
  • Jeudi matin : à la mairie

"Le travail, c'est une grande valeur pour moi", insiste-t-il, se définissant comme un passionné de la vigne, de l'immobilier et surtout de son village et de ses habitants.

La préservation de Saint-Jean-de-Cuculles comme priorité

Découvrir Saint-Jean-de-Cuculles aujourd'hui, c'est effectuer un voyage dans le temps. Le village, tout en pierre, semble n'avoir presque pas changé en un demi-siècle. Un paradoxe pour ce maire-promoteur ?

"En 1977, il y avait 229 habitants. Aujourd'hui, nous sommes 550", précise Jean-Pierre Rambier. "Je n'ai jamais voulu travailler sur ma commune. Pour deux raisons. Déjà pour ne pas avoir de problème en disant que je profite de ma situation d'élu, donc je me le suis interdit. Ensuite, j'ai voulu préserver l'environnement. Ici, il est extraordinaire, très boisé."

Sa plus grande fierté municipale ? "L'esplanade !" En lieu et place de l'ancien cimetière, ce projet a nécessité dix ans de travail, le déplacement des tombes et l'obtention des autorisations des familles. "Ça a ouvert le village. Avant il y avait des murs, c'était fermé, ça l'a ouvert sur le monde !"

La transmission et l'avenir

Si Jean-Pierre Rambier arrête la politique à 80 ans, il n'envisage pas de mettre un terme à ses activités professionnelles. "On va continuer à se développer. Je crois à la viticulture, je crois au vin du Pic Saint-Loup. Je me régale, comme en immobilier. Si je pense à m'arrêter ? Non, non !"

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Concernant la succession municipale, il laisse les habitants choisir librement. "Il n'y a pas d'emprunt, pas de crédit, les factures sont payées, les travaux sont finis, la trésorerie est bonne... Ceux qui prendront la suite pourront lancer leurs projets."

Quatre listes sont en lice pour les prochaines élections : celles de Laurent Chalengeas, Claude Belmonte, Simon Bulté et Luce Arnaud. Cette dernière précise : "Il y a quelques divergences entre les listes mais pas de tension. On se connaît tous, on se parle, on s'appelle."

Jean-Pierre Rambier, quant à lui, restera présent dans la vie du village : "Les prochains élus pourront venir me voir, je les accueillerai. Je participerai à la vie du village." Une transition sereine pour celui qui aura marqué Saint-Jean-de-Cuculles de son empreinte pendant près de cinquante ans.