Périgord politique : entre vins, trains et élections municipales mouvementées
Périgord : actualité politique entre vins, trains et municipales

Une semaine politique mouvementée en Périgord

Bons mots et piques mesquines, grandes ambitions et petits mensonges, gaffes et loupés : du 7 au 13 février, la scène politique périgourdine a été particulièrement animée. Entre soutien aux viticulteurs, réhabilitation ferroviaire et préparation des élections municipales, les sujets n'ont pas manqué.

Le député RN et les vins face à Trump

Mains dans les poches, un grand sourire et un drapeau français en toile de fond : visiblement, le député du Bergeracois Serge Muller était ravi de participer au salon Wine Paris. Le parlementaire Rassemblement national a posté ce cliché sur ses réseaux sociaux, accompagné de ce commentaire : « Nous continuons de soutenir nos viticulteurs et notre modèle agricole face au parti unique qui souhaite détruire notre modèle. »

Pourtant, aucune référence à Donald Trump, qui menace d'imposer plus de 200 % de droits de douane sur les vins français, y compris les crus du Bergeracois. On s'attendait à plus d'agressivité de la part d'un politique avec des lunettes teintées : « for sure ».

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La bataille pour la ligne ferroviaire Tulle-Bordeaux

Le Grand Périgueux se bat depuis de longs mois désormais pour la réhabilitation complète de la ligne Tulle-Bordeaux, et plus précisément du tronçon Périgueux-Brive. Une semaine après avoir rencontré le président de la SNCF Jean Castex, les élus périgourdins ont échangé avec le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, en déplacement à Brive.

Jacques Auzou, le président de l'Agglo, était accompagné de ses homologues de Brive et Tulle. Le communiqué de presse rédigé à la suite de cette réunion ne dit rien sur le retour de la délégation en Dordogne : à cause des dégâts de la tempête Nils, aucun train n'a circulé en Dordogne vendredi 13. Malédiction ou ironie du sort ?

Les élections municipales et leurs particularités

Depuis plusieurs semaines, des centaines d'annonces de candidatures pour les élections municipales circulent. Par souci d'équité, des règles ont été posées : les patronymes de tous les colistiers doivent être communiqués ainsi qu'une photo de l'équipe.

C'est là où le bât blesse. Certaines listes envoient des montages (pas franchement réussis…) en incrustant des colistiers absents le jour de la traditionnelle photo de famille : ces montages sont refusés systématiquement, par souci de crédibilité. Petit conseil aux candidats : évitez le rang d'oignon et privilégiez l'authentique, la joie de se présenter. À cet égard, mention spéciale à l'équipe du maire sortant de Pomport, Anthony Castaing. L'intelligence artificielle ne remplacera jamais des sourires humains.

La politique qui dit ne pas en faire

C'est devenu un sport national : se lancer dans une campagne électorale, celle des municipales, en affirmant – avec dédain et/ou dégoût – ne pas faire de politique. Si l'on vous pose la question de votre parti, bottez en touche : mon parti ? Ma commune, pardi !

À ce compte-là, pourquoi ne pas présenter une liste unique partout ? Rappelons aux candidats élus que, demain, ils seront les votants des élections sénatoriales, avec des candidats investis par des partis. Et qu'après-demain, ils seront sollicités pour parrainer celles et ceux qui se rêvent à l'Élysée. En disant qu'ils ne font pas de politique, tous les candidats font tous un peu… de politique.

L'ancien député et le cannabis médical

« MP. French National Assembly » : sans être un fin connaisseur de la langue de Shakespeare, on comprend sans trop de mal que la personne ainsi présentée est député (MP, soit member of Parliament, en anglais). Ces trois mots sont accolés à la photo de Jean-Pierre Cubertafon, sur le site de Cannabis Europa Paris 2026, une journée autour de « la transition potentielle de la France d'une expérimentation à un cadre national pour le cannabis médical ».

Ce rendez-vous doit réunir les acteurs du secteur, jeudi 19 février à Paris. Notamment le porteur d'un projet de site de production de cannabis thérapeutique en Périgord vert. Et, donc, l'ancien député du secteur, battu en 2024. Cette petite erreur de CV n'est sans doute pas pour déplaire à l'intéressé.

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Les difficultés de recrutement des listes

Croisé jeudi 12 février devant son bar friterie de la rue Wilson, à Périgueux, le candidat ch'ti Jimmy Gaborit donne des nouvelles. « Pour l'instant, nous sommes 22 sur la liste. Trouver des colistières, c'est difficile. » Il lui resterait donc 13 personnes à convaincre en l'espace de deux semaines… Si possible de sexe féminin.

Un exercice auquel se livre également le RN ? Ce dernier, en tout cas, ne s'est toujours pas manifesté dans la capitale du Périgord. Et Jimmy Gaborit d'envisager un rapprochement… « Pourquoi pas ? »

La chasse aux signatures du RN

Députée RN de Gironde, Edwige Diaz ne se déplace jamais sans des formulaires Cerfa lors des réunions publiques de préparation des élections municipales. Cela peut être pratique lorsqu'il manque des colistiers à inscrire pour compléter une équipe, quand elle est près d'être bouclée, comme à Sarlat.

La capitale du Périgord noir est dans le viseur du RN avec son candidat Guillaume Forquet de Dorne, d'autant plus que le scrutin pourrait donner lieu à une situation inédite avec la possibilité d'une quinquangulaire au second tour. « Et on peut gagner avec 21 % », espère Edwige Diaz. D'où la chasse aux dernières signatures…