Dordogne : suspense politique, blagues et tensions avant les municipales
Dordogne : suspense politique et tensions avant les municipales

La campagne municipale en Dordogne : entre suspense et anecdotes

Du 28 février au 6 mars, le front politique périgordin a été marqué par des bons mots, des piques mesquines, de grandes ambitions et de petits mensonges, sans oublier les gaffes et les loupés. La rubrique Le Tambour Blague revient sur ces moments clés qui ont animé la vie politique locale à l'approche des élections municipales.

Pascal Protano : un avenir politique incertain

Pascal Protano l'assure : il n'est pas encore en mesure de dire s'il sera candidat à sa succession. À la mairie de Coursac, le suspense est plus que limité, et le principal intéressé regrette presque de ne pas avoir de liste en face de lui, pour la beauté du jeu politique. Cependant, dans la foulée des municipales, c'est son mandat à la tête du SMD3 qui va se terminer. Malgré les tensions autour des points d'apport volontaire et de la redevance incitative, l'ancien policier confie que ce job le passionne.

Il s'est même amusé, mardi 3 mars, en remettant une fausse clé en carton au directeur régional de Paprec, l'entreprise qui exploite le tout nouveau centre de tri départemental de Coulounieix-Chamiers : « Tu ne la perds pas ? Et tu n'oublies pas de la remettre à tes responsables d'équipe ? » Comme quoi, on peut faire des blagues même autour des poubelles en Dordogne.

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Les animalistes de Paz en action

Les animalistes de Paz ont fait savoir qu'ils seraient sur le marché de Périgueux, ce samedi 7 mars à 10 h 30, à une semaine du premier tour des élections municipales. « Aucun candidat n'est engagé sur la charte de Projet animaux zoopolis à Périgueux », déplore l'association qui demande notamment l'expérimentation d'une méthode non létale pour lutter contre la prolifération des rats.

Paz promet un « happening » pour s'assurer de la présence de la presse. Mais en lisant de plus près son courrier, il s'agira plutôt de la présence de militants avec des panneaux et d'une distribution de tracts. En plus de ceux des cinq listes en lice, cela en fera de la lecture dans les paniers !

Débats commerciaux et friches à Périgueux

Mardi 3 mars, les cinq candidats à Périgueux qui débattaient devant les caméras de « TV7 » ont abordé l'épineux sujet de la redynamisation commerciale de la ville. Alors que le maire sortant socialiste, Emeric Lavitola, constatait que le taux de vacances des commerces avait diminué durant le mandat, le candidat de droite Antoine Audi a fait le constat inverse : « Vous avez trouvé des locaux vacants pour mettre votre permanence. Heureusement qu'il en reste quelques-uns ! Et Monsieur Cadet [NNDLR : l'autre candidat de droite] s'est aussi mis dans une friche. »

Reste que lui-même n'a manifestement pas trouvé de friche à son goût étant donné qu'il n'a pas ouvert de permanence.

Sondages et courtoisie entre candidats

Alors que ça débattait ferme entre les cinq Périgourdins, Vincent Belloteau a été alerté par la présentatrice du débat coorganisé par « Sud Ouest » et « TV7 » : « Attention, vous accusez un léger retard. » « Pas dans les sondages », a-t-il plaisanté en retour. Sur son visage, un sourire un peu jaune trahissait l'inquiétude de celui qui ne fait pas figure de principal favori.

Les candidats périgourdins sont restés courtois à l'heure de confronter leurs projets pour la ville.

Frères Bournazel : une stratégie familiale

Candidat à Terrasson contre le maire sortant Jean Bousquet, Maxime Bournazel n'est autre que le petit frère de Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie de Paris. L'un et l'autre affichent la même étiquette de centre droit avec le parti Horizons. Si la technique est bonne pour multiplier par deux les chances d'avoir un maire dans la famille, elle n'est pas infaillible.

Photo ratée à Rouffignac-de-Sigoulès

Candidat à sa réélection à Rouffignac-de-Sigoulès, Alain Castang a pris une photo de lui avec sa liste devant un paysage pour le moins étrange. Plutôt que la jolie église Saint-Clair du village, il montre un édifice fadasse généré, on imagine, par intelligence artificielle. Sans compter que le front d'on-ne-sait-qui dépasse d'un visage. L'IA, ou comment se compliquer la vie. Mais à qui est le front au-dessus de la cinquième personne en démarrant de la gauche ?

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Bilan de Delphine Labails

Jeudi 5 mars, l'ex-maire de Périgueux, Delphine Labails, s'est livrée à un exercice inhabituel. Devant la presse locale, elle a débriefé 18 ans d'engagement politique local, sans négliger de parler de sa prime jeunesse girondine. On s'en doute, le bilan est plutôt flatteur même si elle y a glissé quelques « regrets ». On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Soutien ambigu du Rassemblement national

La députée Rassemblement national de la 1re circonscription, Nadine Lachon, a publié une courte vidéo sur sa page Facebook. Elle y incite les uns et les autres à aller voter pour les listes RN aux municipales. Mais plutôt que d'évoquer Sarlat ou Bergerac, les deux seules communes de la Dordogne où le RN a investi une liste, elle parle de Perpignan, Beaucaire ou encore Henin-Beaumont. Christian Gérard, à Bergerac, ou encore Guillaume Forquet de Dorne, pour Sarlat, apprécieront le non-soutien.

François Cornet : un opposant solitaire

Lundi 2 mars, pour le dernier Conseil communautaire de l'Agglo de Bergerac, François Cornet, conseiller RN élu depuis quelques mois à Bergerac, s'est senti bien seul au moment du vote du budget qu'il a contesté. S'il a revendiqué un « principe oppositionnel », il a rappelé que « n'ayant pas d'équipe », il n'avait pas les « moyens de livrer une analyse trop approfondie ».

Pourtant, il s'est fendu d'une longue démonstration en listant les dépenses « acceptables » et celles qui ne le sont pas à son goût. Les moyens mis dans les crèches et le centre de loisirs de Toutifaut sont considérés comme une bonne dépense en « espérant que ce soit ciblé sur des familles françaises ». Il a également regretté l'absence de budget dédié à la sécurité et à l'ordre public surtout dans ce contexte de « forte insécurité », ce qui lui a valu quelques remarques des autres élus qui n'ont pas manqué de rire quand il a noté qu'il fallait « préserver l'Espagne » (au lieu de l'épargne). Des larmes au rire, il n'y a parfois qu'un pas à franchir.

Pétition kitschissime d'Anne-Marie Cocula

À quelques jours de venir disserter à Sarlat sur la batellerie dans la Dordogne, l'universitaire Anne-Marie Cocula a proposé une pétition en ligne jeudi 5 mars. L'objet du courroux de l'historienne : les travaux de démolition du pont Joséphine Baker qui devait être construit dans le cadre de la déviation de Beynac.

Mis à part le fait que la première signataire se réveille un peu tard près de deux mois après une manifestation sur le chantier, le photomontage illustrant le texte est kitschissime : une photo de Joséphine Baker à côté de l'estacade qui, au passage, s'est effondrée dans la Dordogne le mois dernier. Une illustration déjà culte !