Un scénario improbable dans une petite commune bretonne
Personne n’avait anticipé la nécessité d’organiser un second tour. « On n’avait pas prévu ça », admet-on en mairie de Poligné. Dans cette petite commune bretonne située à quelques kilomètres au sud de Rennes, en Ille-et-Vilaine, deux listes s’affrontaient au premier tour des élections municipales de 2026. Dans ce scrutin binaire, tout le monde pensait que le match serait plié en un seul tour. Cependant, les événements ont pris une tournure inattendue.
Une égalité parfaite qui force un nouveau vote
Dimanche, un cas de figure extrêmement rare s’est produit : à l’issue du premier tour, les deux listes ont affiché exactement le même nombre de votants. « Le verdict est sans appel : 352 voix pour chaque liste. Égalité parfaite ! », a réagi la liste Agissons ensemble pour Poligné, emmenée par Jean-François Guyomard. « Nul doute que nos habitants ont envie de s’exprimer », a répondu la liste Poligné demain de Catherine Allain.
Ce score est hautement improbable, d’autant que la mobilisation a été très forte dans cette commune de 1 200 habitants. Dimanche, près de 70 % des personnes en capacité de voter se sont rendues aux urnes pour trouver un successeur au maire sortant, qui ne se représente pas. Pour départager les deux listes et tenter de dégager une majorité, il va donc falloir organiser un deuxième tour ce dimanche. Mais personne ne s’y attendait ! « Il faut que l’on trouve le personnel pour tout organiser. Ce n’est pas simple, mais on va y arriver », reconnaît une employée de mairie.
D’autres communes confrontées à la même situation
Poligné n’est pas la seule commune à afficher une égalité parfaite. Le même scénario s’est produit à Rouède, en Haute-Garonne, avec 84 voix pour chaque liste, et à Saint-Pierre-du-Mont, dans le Calvados, où les deux candidats ont obtenu 26 bulletins chacun. Ces cas illustrent la complexité et l’imprévisibilité des élections locales.
Les règles en cas d’égalité persistante
Les règles électorales sont claires. Pour être élue dès le premier tour, une liste doit obtenir la majorité des suffrages, c’est-à-dire plus de 50 %. Quand ce n’est pas le cas, il faut organiser un second tour visant à départager les candidats. Mais si le résultat ne changeait pas et qu’une nouvelle égalité était constatée, que se passerait-il ?
Le code électoral a tout prévu. En cas d’égalité de suffrages entre les listes arrivées en tête, les sièges « sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée », précise l’article L262. Après un petit calcul, il semblerait qu’à Poligné, ce soit la liste de Jean-François Guyomard qui l’emporterait d’un cheveu, avec une moyenne d’âge d’un peu plus de 50 ans, contre environ 49 ans pour son opposante. Une situation serrée jusqu’au bout !
Les électeurs de Poligné et des autres communes concernées devront donc retourner aux urnes pour trancher cette égalité surprenante, rappelant que chaque voix compte dans le processus démocratique.



